Malgré son rôle stratégique de colonne vertébrale du transport national, la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag) se retrouve une nouvelle fois au centre de vives critiques concernant la qualité de ses prestations. En situation de monopole sur le rail gabonais, l’entreprise semble peiner à traduire ses performances financières en une amélioration concrète de l’expérience client. Pour de nombreux compatriotes, le voyage en train, autrefois symbole de découverte, s’est mué en une véritable épreuve de résilience, où le respect des horaires contractuels paraît n’être qu’une lointaine option face à des retards systématiques et une gestion de l’impréévu jugée défaillante.
Le grief majeur des voyageurs repose sur un déficit criant de communication institutionnelle. En cas d’aléa technique ou logistique, le silence de l’opérateur est perçu comme un manque de considération profond envers une clientèle souvent captive. L’absence d’explications claires et de mécanismes de prise en charge lors des perturbations prolonge l’attente dans l’incertitude et l’inconfort. Ce paradoxe est d’autant plus frappant que la rigueur des agents de bord s’exprime avec une acuité particulière lors des contrôles de titres de transport, laissant ainsi transparaître une priorité accordée à la rentabilité immédiate au détriment de l’accompagnement humain.La situation s’avère particulièrement alarmante pour les usagers du train « Omnibus », véritable service social pour les populations de l’hinterland. Ce segment concentre la majorité des dysfonctionnements : retards chroniques, dégradation du confort et sentiment d’abandon des passagers. L’exemple récent du trajet du jeudi 7 mai 2026, où un départ initialement prévu à 13h00 n’a été effectif qu’à 17h00 après plusieurs reports sans motif explicite, illustre l’ampleur du fossé entre les engagements commerciaux et la réalité vécue par les familles gabonaises sur le quai de la gare d’Owendo.
Face à ce qui s’apparente désormais à une « odyssée » épuisante pour les voyageurs, l’urgence d’une régulation plus stricte du trafic ferroviaire s’impose comme une priorité nationale. Il est impératif que les autorités de tutelle exigent de l’opérateur une mise à niveau de ses standards de service, en phase avec les ambitions de modernisation des infrastructures du pays. Car au-delà du simple transport de marchandises, le Transgabonais doit demeurer un trait d’union fiable et respectueux de la dignité des citoyens, garantissant que chaque déplacement ne soit plus une source d’anxiété, mais un service public de qualité.


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