Le football gabonais traverse une zone de turbulences institutionnelles alors que l’élection à la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT) cristallise toutes les tensions. Dans une interview sans concession accordée à l’Agence Gabonaise de Presse (AGP), Dieudonné Ndoumbou, figure bien connue du milieu sportif national, a brisé le silence pour livrer un réquisitoire cinglant contre l’actuel président fédéral, Pierre Alain Mounguengui. Exprimant une profonde désillusion, il pointe du doigt une gestion qu’il qualifie de « bricolage », estimant que l’obstination du président sortant à se maintenir aux affaires risque de porter le coup de grâce à une discipline déjà agonisante.
L’ancien allié de Pierre Alain Mounguengui ne cache plus ses regrets, confessant une forme de culpabilité historique vis-à -vis du « sport roi » au Gabon. « Avoir lutté près de 10 ans contre les anciens présidents fédéraux pour faire élire ce président et se retrouver 12 ans après avec un tableau aussi sombre, c’est mon plus grand regret », a-t-il déclaré avec amertume. Ce sentiment de trahison est d’autant plus vif que Dieudonné Ndoumbou révèle avoir sacrifié ses propres ambitions en 2014, par loyauté, au sortir de la période de normalisation, déclinant alors les sollicitations pour briguer la tête de la fédération.Au-delà de la critique personnelle, c’est un véritable procès en incompétence qui est dressé contre le sommet de la FEGAFOOT. Pour l’acteur sportif, la dignité aurait dû commander un retrait honorable face au bilan actuel, marqué par une stagnation des compétitions locales et des performances internationales en demi-teinte. En qualifiant la stratégie actuelle de « logique de bricolage », Ndoumbou dénonce l’absence de vision structurelle et de réformes de fond indispensables pour redonner au Onze national et aux clubs locaux leur lustre d’antan, craignant que le mandat actuel ne serve qu’à « achever » le football national.Face à ce constat qu’il juge catastrophique, Dieudonné Ndoumbou appelle désormais à un sursaut collectif pour « libérer » le football gabonais de l’emprise des intérêts personnels.
Ce cri du cœur résonne comme un appel à la mobilisation des forces vives du sport national pour imposer une alternance crédible et une nouvelle éthique de gestion. Alors que les enjeux électoraux approchent, cette sortie médiatique de poids vient confirmer que la bataille pour le contrôle et la reconstruction du football au Gabon est plus que jamais lancée, plaçant Pierre Alain Mounguengui devant ses responsabilités historiques.


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