Quinze mois après le premier coup de pioche, l’axe Ntoum-Cocobeach sort enfin de terre. Avec un taux d’exécution affiché à 45 %, le chantier mené tambour battant par l’entreprise adjudicataire entre dans sa phase décisive. Long de 83 kilomètres, ce linéaire n’est pas qu’une simple route bitumée : c’est un projet d’ingénierie complexe qui prévoit la construction de onze ponts, des stations de pesage et de péage, et même des pistes cyclables. Sous l’impulsion directe du président Brice Clotaire Oligui Nguema, ce tronçon stratégique vise à briser l’isolement historique de Cocobeach, transformant un trajet autrefois éprouvant en une liaison moderne et sécurisée au cœur de l’Estuaire.
L’enjeu de ce désenclavement dépasse la simple mobilité des populations locales. En connectant Cocobeach à la Nationale 1, les autorités gabonaises parient sur un levier de croissance jusqu’ici sous-exploité : le tourisme balnéaire et écotouristique. La beauté sauvage des paysages de cette zone frontalière avec la Guinée équatoriale est appelée à devenir une destination de choix pour les Librevillois et les visiteurs internationaux. La modernisation de cette voie, dotée de trottoirs et d’aménagements urbains, préfigure une transformation profonde de l’économie locale, passant d’une subsistance enclavée à une ouverture commerciale et touristique majeure.Sur le plan macroéconomique, la fluidification de cet axe est une bouffée d’oxygène pour le trafic national.
En délestant une partie des flux de la périphérie de la capitale, la nouvelle route Ntoum-Cocobeach renforce l’efficacité logistique du pays. Si le rythme des travaux se maintient, la livraison de cet ouvrage constituera l’une des victoires les plus visibles de la politique de « grands travaux » actuelle. Pour les habitants de Cocobeach, l’attente de plusieurs décennies touche à sa fin, ouvrant la voie à une nouvelle ère où la distance ne sera plus un frein au développement social et économique de leur commune.


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