Le marché pétrolier est entré dans une zone de fortes turbulences en ce début de mars 2026. Sous l’effet conjugué des frappes américano-israéliennes contre l’Iran et des ripostes immédiates de Téhéran, les cours de l’or noir se sont envolés, enregistrant une progression brutale de 9 %. Le baril de Brent, référence internationale, a frôlé la barre symbolique des 80 dollars lundi matin, s’établissant autour de 79,41 dollars contre 72,87 dollars en fin de semaine dernière.
Cette poussée de fièvre, la plus importante depuis juillet dernier, contamine également le WTI nord-américain qui franchit le seuil des 71 dollars, mettant fin brutalement aux espoirs de détente liés aux récentes négociations diplomatiques.L’inquiétude des places financières se cristallise désormais sur la sécurité des voies maritimes, et plus particulièrement sur le détroit d’Ormuz, véritable poumon énergétique de la planète. Les représailles iraniennes, visant des installations militaires américaines et des navires de commerce, font peser une menace directe sur les exportations des monarchies du Golfe. De l’Arabie saoudite aux Émirats arabes unis, en passant par le Koweït et le Qatar, les principaux producteurs de l’OPEP voient leur capacité de livraison entravée par l’insécurité croissante dans la région.
Pour les analystes, le risque d’un blocage durable de ce point de passage stratégique n’est plus une simple hypothèse d’école.Si le conflit devait s’enliser, les prévisions les plus pessimistes évoquent déjà un baril oscillant entre 100 et 120 dollars, un scénario catastrophe pour l’économie mondiale et particulièrement pour les pays africains importateurs nets de carburant. Alors que les chancelleries occidentales et les marchés surveillent chaque mouvement de troupes dans le golfe Persique, cette flambée des prix fragilise les équilibres budgétaires et ravive le spectre de l’inflation. Pour les pays producteurs du continent, de l’Angola au Nigeria, cette manne inattendue pourrait se transformer en cadeau empoisonné si l’instabilité géopolitique venait à paralyser durablement le commerce international.


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