Le Palais Léon Mba a été le cadre d’un débat législatif de premier ordre ce mercredi 6 mai 2026. Sous l’égide de la Commission des Affaires Étrangères et de la Défense, présidée par l’honorable Blaise Louembe, le ministre Maurice Ntossui Allogo a défendu le projet de loi portant ratification de l’ordonnance relative au statut particulier des personnels des Eaux et Forêts. Pour le membre du gouvernement, cette réforme n’est pas qu’une simple formalité administrative ; elle constitue le socle d’une nouvelle doctrine de protection de notre patrimoine naturel.
En transformant durablement le cadre juridique de ce corps, l’État gabonais entend donner à ses agents les moyens légaux et opérationnels de répondre aux menaces croissantes qui pèsent sur nos écosystèmes.L’enjeu de cette mutation est avant tout sécuritaire et environnemental. Face à la sophistication des réseaux de braconnage, à l’exploitation illégale du bois et au trafic d’espèces protégées, les agents des Eaux et Forêts se retrouvent en première ligne d’une guerre asymétrique. En consolidant le caractère paramilitaire du corps, le texte vise à adapter les forces de terrain aux réalités d’un secteur marqué par des tensions croissantes, y compris la gestion complexe du conflit Homme-Faune. Cette réforme propose de passer d’une administration de contrôle classique à une force d’intervention capable de sécuriser nos ressources tout en protégeant les populations rurales.Au-delà de l’aspect sécuritaire, le ministre a insisté sur la dimension humaine et sociale de ce nouveau statut. Les parlementaires ont été rassurés sur la volonté du gouvernement de corriger les disparités historiques en matière de gestion des carrières, d’intégration des personnels et de couverture sociale. Un agent mieux protégé et dont le statut est clairement défini est un agent plus efficace sur le terrain. Cette approche holistique de la réforme des ressources humaines vise à professionnaliser davantage le corps, garantissant ainsi que la préservation de la biodiversité gabonaise repose sur des personnels motivés, formés et dotés d’une protection juridique solide.
Au terme de cette audition, les députés ont exprimé leur satisfaction devant une réforme jugée stratégique pour la souveraineté environnementale du pays. En validant cette trajectoire, la représentation nationale reconnaît que la protection de l’or vert du Gabon exige une discipline et des capacités d’intervention accrues. Ce nouveau statut paramilitaire marque ainsi une étape clé sous l’ère de la Ve République, positionnant les Eaux et Forêts comme un pilier essentiel de la sécurité nationale. Le message envoyé est clair : le Gabon se dote désormais d’une véritable armée verte, prête à défendre ses ressources naturelles avec la rigueur et le dévouement que requiert l’urgence climatique mondiale.


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