À Kinshasa, la solidarité internationale tente de répondre à l’ampleur d’un désastre qui ne dit plus son nom. Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée de la gestion des crises, a officialisé le déblocage d’une aide humanitaire massive de 81,2 millions d’euros en faveur des populations de l’est de la RDC. Ce geste financier, vital pour une région où la crise sécuritaire s’enfonce dans une spirale hors de contrôle, se décompose en deux volets : 68 millions d’euros seront injectés directement sur le sol congolais pour l’aide alimentaire, les soins de santé et l’accès à l’eau, tandis que 13,2 millions d’euros iront au soutien des réfugiés disséminés dans les pays voisins.
Ce déploiement de fonds s’accompagne d’une diplomatie de terrain particulièrement active. Après l’étape kinoise, la mission de la commissaire se poursuit au Burundi — avec une visite symbolique au camp de Busuma, refuge des populations ayant fui les violences du Sud-Kivu — pour s’achever ce vendredi à Kigali. Au-delà des chiffres, ce périple vise à évaluer la réalité des besoins et, surtout, à plaider pour un accès sécurisé des convois humanitaires dans des zones de conflit où le droit international est trop souvent bafoué. L’objectif est clair : briser l’isolement des civils pris entre deux feux.L’Union européenne rappelle par ce geste que la République démocratique du Congo demeure le théâtre de l’une des crises les plus sévères de la planète, avec plus de 21 millions de personnes en situation de vulnérabilité extrême.
En finançant la protection des femmes et des enfants, premières victimes des exactions, Bruxelles tente de stabiliser un édifice humanitaire au bord de l’effondrement. Reste que l’aide, si précieuse soit-elle, ne saurait se substituer à une solution politique durable, seule capable de tarir à la source le flux des déplacés et la souffrance des populations de l’Est.


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