Le passage de l’enseignement primaire au secondaire est censé constituer une étape exaltante, jalonnant le parcours éducatif de l’enfant par la concertation et l’accompagnement des familles. Pourtant, au terme de la dernière session du Certificat d’Études Primaires (CEP), une réalité amère est venue d’on ne peut plus d’interpeller la communauté éducative : à quoi sert finalement la fiche de vÅ“ux consciencieusement remplie par les parents, si c’est pour voir leurs choix purement et simplement balayés d’un revers de main ? Cette année encore, de nombreux foyers ont fait l’amer constat d’une orientation subie, décidée unilatéralement et sans la moindre explication par la Direction générale des Examens et des Concours (DGEC).
Cette opacité administrative jette un trouble profond sur la relation de confiance qui devrait lier l’institution scolaire aux parents d’élèves. Alors que ces derniers sont les premiers acteurs et garants de l’avenir de leur progéniture, connaissant leurs sensibilités, leurs ambitions et les contraintes logistiques de leur foyer, ils se heurtent à un mur bureaucratique froid et déconnecté des réalités du terrain. Imposer des affectations arbitraires en classe de sixième sans tenir compte des vÅ“ux exprimés revient à nier le rôle fondamental des familles dans le suivi et l’épanouissement scolaire de leurs enfants.L’orientation d’un élève ne saurait être réduite à un simple exercice mathématique de répartition dans des salles de classe saturées, dicté par l’arbitraire d’algorithmes ou de décisions en orphelinat de transparence. Elle requiert une approche humaine, concertée et respectueuse des aspirations légitimes des parents, qui investissent tant sur le plan émotionnel que financier pour la scolarité de leurs enfants. Ignorer leurs choix sans formuler la moindre justification officielle s’apparente à un mépris institutionnel inacceptable pour des contribuables et des partenaires de l’école de la République.Cette situation récurrente met en lumière les dysfonctionnements persistants de notre système d’orientation et la nécessité absolue d’une refonte en profondeur des méthodes de la DGEC. La transparence des critères d’affectation, la concertation en amont et la considération des bassins de vie doivent devenir la boussole d’une administration scolaire digne de ce nom.
Un enfant orienté contre le gré de sa famille dans un établissement éloigné ou inadapté part déjà avec un handicap psychologique et logistique préjudiciable à sa réussite.L’école gabonaise ne pourra prétendre à l’excellence tant qu’elle piétinera les droits élémentaires des parents à participer activement au destin éducatif de leurs enfants. Redonner de la valeur à la fiche de vÅ“ux, c’est restaurer la justice et la considération au cÅ“ur de notre système d’enseignement. Il est plus que temps que la DGEC troque son opacité administrative contre le dialogue et le respect, afin que l’entrée en sixième redevienne une promesse d’avenir plutôt qu’un motif de désolation pour les familles.


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