Dans le Grand Nord-Est gabonais, l’alerte est donnée sur l’état de déliquescence du Lycée Mohamed Mohapa Behotsa. Cet établissement, censé être le phare éducatif de la localité de Mékambo, s’enfonce dans une crise structurelle sans précédent. Alors que la pression démographique scolaire explose, les travaux d’extension, lancés pour soulager l’infrastructure existante, sont aujourd’hui à l’abandon total. Ce chantier à l’arrêt laisse derrière lui une communauté éducative désemparée, confrontée à un environnement où la vétusté des bâtiments le dispute au sentiment d’oubli géographique.
L’équation impossible : 1 800 élèves pour 15 classesLes chiffres du Lycée de Mékambo donnent le vertige et illustrent l’ampleur du défi logistique. Avec seulement 15 classes disponibles pour un effectif de 1 800 élèves, l’établissement est contraint de fonctionner selon un système de double flux permanent, sacrifiant ainsi le volume horaire et la qualité de l’apprentissage. Plus alarmant encore, le corps enseignant se réduit à une peau de chagrin : seuls 18 professeurs tentent de maintenir le navire à flot, soit un ratio d’un enseignant pour cent élèves. Dans ces conditions d’extrême promiscuité, la transmission du savoir devient un exercice de survie quotidienne pour les personnels comme pour les apprenants.Une urgence pédagogique et socialeAu-delà du simple constat matériel, c’est l’avenir de la jeunesse de la province de l’Ogooué-Ivindo qui est en jeu.
L’abandon des travaux de réhabilitation prive non seulement les élèves de conditions décentes, mais accentue également les inégalités entre les centres urbains et les zones reculées du pays. Pour les parents d’élèves de Mékambo, le cri de cœur est unanime : une intervention d’urgence est nécessaire pour relancer les chantiers et doter l’établissement des effectifs d’encadrement requis. Sans une réponse forte des autorités de l’Éducation nationale, le fleuron de Mékambo risque de devenir le symbole d’une génération sacrifiée sur l’autel des chantiers inaboutis.


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