
Le marché du livre scolaire gabonais est confronté à une affaire de contrefaçon. À Libreville, plusieurs vendeurs, principalement de nationalité camerounaise, ont été interpellés dans le cadre d’une enquête menée par la Direction générale de la Contre-ingérence et de la Sécurité militaire (DGCISM), communément appelée B2. Placés en liberté provisoire, ils restent concernés par une procédure judiciaire, tandis que des scellés ont été apposés sur certains points de vente.
Au cœur du dossier : des reproductions présumées de la Collection Concorde, éditée par la maison gabonaise Les Éditions Ntsame.
Ces manuels, conçus notamment pour renforcer l’enseignement de l’histoire, de la géographie et de la culture gabonaises, auraient été copiés puis commercialisés sans l’autorisation de l’éditeur. Selon une source proche du dossier, le principal suspect, présenté comme le responsable de deux librairies situées à proximité de la gare routière, aurait quitté le territoire avant l’interpellation de ses employés.
L’affaire aurait commencé à prendre forme après plusieurs signalements faisant état de copies circulant depuis la rentrée scolaire 2025-2026. Les Éditions Ntsame indiquent avoir procédé à des vérifications avant de saisir les autorités. Le 10 septembre 2026, une opération menée par l’intermédiaire d’un parent d’élève aurait permis d’identifier plusieurs exemplaires présentés comme visuellement identiques aux éditions originales, à Libreville comme à l’intérieur du pays.
Les enquêteurs auraient également découvert d’importantes quantités d’ouvrages attribués au GIE Ediprint, notamment Edig et Multipress-Gabon.
Au-delà du préjudice commercial, l’éditrice Sylvie Ntsame alerte sur les conséquences pour toute la chaîne du livre : auteurs, illustrateurs, imprimeurs, distributeurs et libraires. Elle appelle à renforcer les contrôles et invite parents et établissements scolaires à redoubler de vigilance face aux ouvrages susceptibles d’être contrefaits.


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