La stupeur a gagné le quartier Likouala au petit matin. En une seule nuit, pas moins de 28 compteurs d’eau ont été arrachés, laissant derrière eux des geysers improvisés et des familles privées d’une ressource vitale. Ce coup d’éclat criminel n’est malheureusement pas un cas isolé, mais le symptôme d’un phénomène qui prend une ampleur alarmante dans la capitale gabonaise.​Les témoignages des victimes de Likouala sont identiques : aucune nuisance sonore, aucune trace suspecte. Les malfaiteurs profitent du silence nocturne et de la faible surveillance des niches à compteurs pour opérer avec une rapidité déconcertante.
« On s’est réveillés avec de l’eau partout dans la cour, mais rien au robinet », déplore un habitant, dépité par l’ampleur des dégâts.​L’objectif de ces vols ne fait aucun doute : la revente des matériaux. Les compteurs, souvent composés de laiton ou de cuivre, sont revendus au poids dans les réseaux de recyclage informels. Une pratique lucrative pour les voleurs, mais dont le coût social et financier pour les usagers est exorbitant.Pour les habitants de Likouala, les conséquences sont doubles. Au-delà de la coupure immédiate, les victimes doivent entamer un véritable parcours du combattant auprès de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) pour le remplacement des équipements. Entre les frais de dossier et le coût du nouveau matériel, la facture est salée pour des ménages déjà fragilisés.
Face à ce banditisme d’un genre nouveau, les autorités locales et la SEEG appellent à une vigilance accrue. Il est désormais recommandé aux abonnés de sécuriser leurs niches avec des grilles métalliques renforcées. Mais pour beaucoup, la solution doit être structurelle : une régulation plus stricte des ferrailleurs et un renforcement des patrouilles nocturnes sont indispensables pour stopper cette hémorragie qui, au-delà de l’eau, vide les poches des Librevillois.


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