Le système hospitalier gabonais traverse une zone de turbulences marquée par des défaillances structurelles qui mettent en péril la vie des citoyens. Dans de nombreuses structures sanitaires, la présence médicale devient une denrée rare après certaines heures, laissant les patients à la merci d’internes et de stagiaires en médecine, souvent livrés à eux-mêmes. Cette carence en médecins titulaires, capables d’assurer une supervision constante, transforme bien trop souvent le parcours de soin en un véritable chemin de croix où l’amateurisme et l’improvisation remplacent la rigueur clinique attendue dans un service public.
Au-delà de cette précarité organisationnelle, c’est le socle éthique de la profession qui semble s’effriter. Dans bien des cas, la priorité accordée aux soins est asservie aux contingences financières ou, pire encore, au clientélisme. L’accès au traitement est devenu conditionné par la capacité à débourser des sommes parfois prohibitives ou par le recours à des relations privilégiées en interne. Ce système de « santé à deux vitesses » engendre des diagnostics erronés et une incompétence notoire, là où la compétence et l’humanisme devraient être les seuls critères d’intervention face à la souffrance humaine.L’accueil réservé aux malades dans plusieurs centres hospitaliers du pays cristallise ce désastre relationnel. Entre l’humiliation verbale, l’indifférence glaciale et le manque de professionnalisme flagrant d’agents de santé dont la vocation initiale semble avoir été oubliée, le patient se retrouve doublement victime : de sa pathologie et de la structure censée le soulager.
Ce climat délétère nourrit un traumatisme profond chez les familles qui, au moment le plus vulnérable de leur existence, se sentent traitées avec un mépris qui bafoue la dignité humaine la plus élémentaire.Le bilan de cette dérive est lourd, se chiffrant en vies humaines fauchées précocement. Des décès évitables, survenus par négligence ou par défaut de prise en charge adaptée, marquent durablement les consciences et sapent la confiance des populations envers leur système de santé national. Il est impératif que les autorités compétentes s’emparent de cette problématique pour restaurer l’ordre, l’éthique et la compétence au sein des hôpitaux, car la vie d’un Gabonais ne saurait être le prix à payer pour l’absence de régulation et le dévoiement du serment d’Hippocrate.


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