
Et si le véritable coût du redoublement ne se mesurait pas seulement en milliards de francs CFA, mais aussi en chances perdues pour les élèves ? Au Gabon, les chiffres publiés par la Banque mondiale mettent en lumière un enjeu qui dépasse la seule gestion des dépenses publiques : la capacité de l’école à prévenir l’échec scolaire. En 2021, le redoublement a représenté une dépense estimée à 33,18 milliards de francs CFA, selon la Revue des finances publiques du Gabon 2026.
Cette somme correspond à près de 11 % des dépenses publiques d’éducation. La même année, 86 238 élèves ont recommencé leur classe dans le primaire, le secondaire et l’enseignement technique et professionnel.Derrière ces données financières se dessine une réalité plus préoccupante.
Lorsqu’un élève échoue, il ne perd pas uniquement une année de progression. Il risque également de se décourager, de décrocher progressivement et, dans certains cas, de quitter définitivement le système éducatif. Le redoublement apparaît alors moins comme une réponse suffisante aux difficultés que comme le symptôme d’un accompagnement pédagogique parfois insuffisant.
Pour autant, réduire mécaniquement le nombre de redoublants ne saurait constituer une solution. Faire passer un élève en classe supérieure sans lui donner les moyens de combler ses lacunes reviendrait à reporter le problème.Le véritable défi consiste donc à investir plus tôt pour éviter de payer deux fois : financièrement, puis humainement.
Le soutien scolaire individualisé, la formation continue des enseignants, la disponibilité des manuels et le renforcement du préscolaire figurent parmi les leviers identifiés par la Banque mondiale.Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de passer d’une logique de rattrapage tardif à une politique de prévention de l’échec.
Car une école performante ne se contente pas de constater les redoublements : elle se donne les moyens de les éviter.


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