C’est une opération de charme aux enjeux hautement stratégiques que vient de mener Pascal Franck Nze Ndong Nze à Paris. En présentant le Plan stratégique 2026-2030 du Pôle national de promotion de l’emploi (PNPE) au sein de l’ambassade du Gabon en France, le directeur général a acté une rupture doctrinale : la diaspora n’est plus une périphérie, mais le nouveau centre de gravité de la politique de l’emploi. Cette offensive s’aligne sur la vision du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui fait du rapatriement des compétences un pilier de la reconstruction économique nationale.

L’enjeu dépasse la simple symbolique. Pour Libreville, il s’agit de transformer le traditionnel « brain drain » (fuite des cerveaux) en un « brain gain » (gain de compétences) structuré. Le PNPE ne se contente plus d’un rôle de bureau de placement passif ; il se mue en une agence d’attractivité capable d’offrir des trajectoires de retour sécurisées. En s’adressant directement aux cadres et entrepreneurs installés dans l’Hexagone, l’institution cherche à lever les verrous psychologiques et administratifs qui freinent encore la mobilité vers le pays, en proposant des mécanismes d’accompagnement concrets et lisibles.Cette stratégie de « reconquête » s’appuie sur une légitimité de terrain. Le parcours de Pascal Franck Nze Ndong Nze, lui-même ancien de la diaspora revenu au pays en 2023, sert de boussole à cette réforme. Sous son impulsion, le PNPE ambitionne de devenir l’interface unique entre les besoins pointus des entreprises locales et le vivier de talents internationaux.
L’objectif est clair : passer du discours incantatoire à l’ingénierie RH, en identifiant précisément les secteurs en tension — mines, énergie, numérique — pour y injecter l’expertise de la diaspora.En faisant de la mobilité internationale un levier de souveraineté, le Gabon rejoint le club des nations africaines qui perçoivent leur diaspora comme un actif stratégique et non plus seulement comme une source de transferts de fonds. La feuille de route 2026-2030 pose ainsi les jalons d’un contrat social renouvelé entre l’État et ses expatriés. Reste désormais à transformer l’essai : la réussite de ce pari dépendra de la capacité de l’administration à offrir un environnement des affaires et une qualité de vie à la hauteur des ambitions de ces « repats » tant convoités.


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