Le dossier Mindoubé, véritable serpent de mer de l’écologie urbaine à Libreville, entre enfin dans sa phase de dénouement. Le 2 février 2026, sous la présidence d’Adrien Nguema Mba, ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, le comité de pilotage a acté une décision stratégique : l’éviction définitive de la décharge saturée au profit d’un schéma industriel moderne. Face à l’urgence sanitaire — pollution des nappes par le lixiviat et émissions incontrôlées de biogaz — le gouvernement gabonais a choisi de parier sur un attelage inédit mêlant expertise internationale et champion local du BTP.
L’entrée en scène du géant français Suez marque un tournant dans la gestion des 900 tonnes de déchets produits quotidiennement par le Grand Libreville. L’offre technique retenue prévoit une fermeture progressive de Mindoubé couplée à la préparation du futur Centre de traitement et de valorisation des déchets (CTVD) de Nkoltang. Ce projet, soutenu financièrement par l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement (BEI), ambitionne de transformer la capitale gabonaise en modèle d’économie circulaire, rompant avec quarante ans d’enfouissement sauvage.Cependant, le futur pôle de Nkoltang ne sortira pas de terre en un jour. Pour parer au plus pressé et éviter une crise des ordures ménagères, l’État a sollicité la PME gabonaise Mika Services pour la construction en urgence d’un « casier transitoire ». Ce site provisoire, conforme aux standards internationaux, servira de pont logistique pour Clean Africa, garantissant la continuité du service public tout en sécurisant les sols.
C’est une victoire politique pour la promotion de l’expertise nationale dans des chantiers hautement techniques.Cette réorganisation ne se limite pas à un simple déplacement de décharge ; elle dessine la nouvelle doctrine environnementale de la 5ème République. En mobilisant quatre ministères (Plannification, Travaux publics, Environnement et Intérieur) et les maires des quatre communes, le pouvoir de Libreville fait de la salubrité un enjeu de souveraineté et de santé publique. Le calendrier est désormais serré : avec un suivi hebdomadaire instauré, les autorités n’ont plus le droit à l’erreur pour désamorcer ce qui reste, à ce jour, le défi urbain le plus pressant du pays.


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