
Face à la surpopulation carcérale, le Gabon explore de nouvelles alternatives à l’incarcération. Le ministre de la Justice, Augustin Emane, en mission au Sénégal jusqu’au 21 octobre, doit visiter le Centre national de surveillance électronique de Dakar afin d’étudier le fonctionnement du bracelet électronique et les conditions de son éventuelle mise en place au Gabon.
Cette démarche fait suite aux échanges du 19 octobre avec son homologue sénégalais, Me Moussa Saar, consacrés au renforcement de la coopération judiciaire et aux mécanismes de surveillance électronique des personnes placées sous main de justice.Déjà expérimenté au Sénégal, ce dispositif permet de contrôler à distance les déplacements d’une personne soumise à des obligations judiciaires.
Il pourrait offrir au Gabon une solution complémentaire à l’emprisonnement pour certains justiciables, sous réserve d’un cadre légal adapté.L’urgence est particulièrement visible dans les établissements pénitentiaires du pays. À la prison centrale de Libreville, environ 3 500 personnes étaient détenues lors d’une visite ministérielle en février, alors que seule une partie avait déjà été jugée.
À Mouila, plus de 400 détenus occupaient une maison d’arrêt initialement prévue pour 50 personnes.Toutefois, l’adoption du bracelet électronique ne pourra se faire sans garanties juridiques et techniques. Le pays devra notamment préciser les catégories de bénéficiaires, assurer la surveillance permanente, former les agents concernés et définir les modalités de financement, tout en protégeant les données personnelles.
Pour l’heure, la mission sénégalaise constitue une phase d’évaluation, et non l’annonce d’un déploiement immédiat. Libreville entend ainsi examiner la pertinence de cette solution avant de l’intégrer éventuellement à sa stratégie de réforme pénitentiaire, aux côtés de l’accélération des procédures judiciaires et de la construction de nouvelles infrastructures carcérales.


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