C’est un coup de tonnerre qui secoue le monde du show-business et de la finance africaine. Mercredi 25 mars, aux alentours de midi, l’artiste congolais Gims a été interpellé à l’aéroport Paris-Charles de Gaulle avant d’être placé en garde à vue, puis en détention provisoire. Celui qui trônait au sommet des classements avec le titre de plus gros vendeur de disques de l’année 2025 en France se retrouve aujourd’hui au cœur d’une instruction judiciaire tentaculaire.
Les enquêteurs soupçonnent la star d’être liée à un vaste réseau de blanchiment d’argent impliquant déjà cinq ex-trafiquants français de haut vol.Au centre des investigations figure le projet « Sunset Village » à Marrakech, une enclave ultra-luxueuse de 13 hectares nichée au pied de l’Atlas. Ce complexe immobilier, dont Gims faisait récemment la promotion dans une vidéo virale vantant ses 117 villas de haut standing avec rooftop et vue imprenable, intéresse de très près la justice française. Les flux financiers ayant permis l’éclosion de ce chantier pharaonique font l’objet d’un examen minutieux, les autorités cherchant à déterminer si les fonds injectés dans la pierre marocaine ne serviraient pas d’écran à des activités illicites.Selon les révélations d’Africa Intelligence, le nom de la superstar apparaît dans une nébuleuse de sociétés écrans disséminées dans plusieurs juridictions. Ce montage sophistiqué aurait pour but de contourner la TVA et les prélèvements fiscaux français, tout en facilitant l’émission de fausses factures. Pour les magistrats, il s’agit de débusquer un système complexe visant à « laver » des capitaux dont l’origine reste, à ce stade, particulièrement opaque.
La chute brutale de l’interprète de « Sapés comme jamais » illustre une nouvelle fois la surveillance accrue des autorités européennes sur les investissements transfrontaliers des célébrités.Pour l’heure, le camp de l’artiste joue la carte de la plus grande discrétion. Contacté, son conseil congolais s’est refusé à tout commentaire détaillé sur la stratégie de défense qui sera adoptée devant les tribunaux français. Alors que l’industrie du disque retient son souffle, cette affaire dépasse le cadre d’un simple fait divers pour devenir un enjeu de réputation majeur, tant pour le secteur de l’immobilier de luxe au Maroc que pour les circuits de financement des industries créatives en Afrique. La décision attendue du tribunal déterminera si l’empire Gims peut survivre à cette « claque » judiciaire inédite.
Yolande ABORE


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