Les chiffres de la rationalisation budgétaire sont désormais connus, et ils donnent le tournis. En actant la fin définitive du statut d’« État locataire », la construction de la future Cité Émeraude s’impose comme l’une des opérations d’assainissement financier les plus rentables de l’histoire récente du Gabon. Porté par la vision macroéconomique du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, ce complexe administratif va permettre au Trésor public de réaliser une économie historique de plus de 180 milliards de francs CFA sur les six prochaines années. Un retour sur investissement majeur qui démontre qu’une gestion patrimoniale rigoureuse peut rapidement se muer en un puissant levier de souveraineté financière.
Pour mesurer la portée de cette bouffée d’oxygène budgétaire, il convient de rappeler l’ampleur du gouffre dans lequel l’administration gabonaise s’était enlisée depuis plusieurs décennies. Chaque année, une enveloppe faramineuse de près de 30 milliards de francs CFA était littéralement siphonnée des caisses de l’État pour régler les loyers de ministères, de secrétariats généraux et de directions générales, logés à grands frais dans des édifices privés. Ce système, aussi coûteux qu’inefficace, engraissait les rentes immobilières tout en privant le budget de l’État de précieuses ressources qui faisaient cruellement défaut aux secteurs sociaux de base.L’arrêt de cette hémorragie de 30 milliards de francs CFA par an marque un changement de paradigme fondamental dans la gouvernance des finances publiques. L’épargne cumulée de 180 milliards de francs CFA sur six ans ne sera plus une perte sèche, mais une réserve de capital mobilisable pour les investissements prioritaires du pays.
Cet argent, autrefois promis à des bailleurs privés, pourra désormais être réorienté vers la construction d’écoles, la modernisation des structures hospitalières de l’intérieur du pays ou encore la réhabilitation lourde des réseaux routiers nationaux les plus dégradés.Au-delà de la spectaculaire performance comptable, la Cité Émeraude redéfinit durablement la stature de l’État gabonais face au secteur privé. En devenant pleinement propriétaire des murs qui abritent sa souveraineté, le pouvoir public s’affranchit des contingences et des spéculations du marché immobilier librevillois. Alors que le compte à rebours est lancé avant la livraison officielle du site, ce projet démontre avec force que l’orthodoxie financière et le pragmatisme infrastructurel peuvent s’allier pour restaurer l’autorité et la dignité de l’appareil étatique.


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