La quiétude des matins d’Amissa est de nouveau brisée par le retour en force d’une pratique que les usagers pensaient révolue. Des automobilistes aux simples citoyens, la grogne monte face aux agissements de la police municipale de l’hôtel de ville d’Akanda, promptes à réinvestir ce secteur névralgique pour y ressusciter un climat de tension et de tracasseries quotidiennes.Au cÅ“ur de la fronde, les méthodes employées par ces agents s’affranchissent manifestement des règles élémentaires de la légalité républicaine.
« Pourtant la confiscation de permis de conduire et autres documents afférents à la circulation est interdite. Mais mieux, ils refusent catégoriquement de nous montrer les ordres de mission, leurs matricules pour dénoncer leurs abus, rien. Aucune fiche pour payer au Trésor en cas d’infractions constatées », témoigne un taximan ayant sollicité de rester anonyme.
Entre la confiscation jugée illégale des permis de conduire et des pièces afférentes à la circulation, l’absence totale de présentation d’ordres de mission ou de matricules d’identification, et le contournement des circuits légaux de paiement des amendes au Trésor public, le sentiment d’un abus d’autorité caractérisé s’installe durablement.Pour les populations locales, l’impact de ces contrôles informels se fait lourdement ressentir sur l’organisation des transports en commun. Submergés par ces tracasseries répétées, chauffeurs de taxi et conducteurs clandestins de la zone se détournent massivement de la ligne d’Amissa Transfo, laissant les riverains dans une détresse logistique totale pour rallier leurs lieux de service aux heures de pointe.
« Ici on ne sait plus comment faire pour aller au travail, les taxis et les clandos refusent de venir à Amissa à cause de cette police municipale. Ils avaient d’abord disparu depuis un moment, mais là ils sont de retour. Et ça devient une cacophonie le matin pour aller au travail, c’est tellement difficile », souligne Beaujean, habitant d’Amissa Transfo.Face à cette cacophonie matinale qui paralyse la mobilité urbaine, l’appel à l’ordre se fait pressant pour rappeler ces agents à leurs véritables missions d’accompagnement. La sécurité routière ne saurait en effet servir de prétexte à des pratiques discrétionnaires qui pénalisent directement le contribuable et transforment le trajet quotidien en un véritable parcours du combattant.


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