
L’Algérie durcit sa législation face aux incendies criminels. Les députés ont adopté le jeudi 1er octobre un projet de loi prévoyant la peine de mort pour les personnes reconnues coupables d’avoir provoqué volontairement des feux de forêt. Cette décision intervient après une saison particulièrement meurtrière dans le nord-est du pays.
Les incendies survenus au cours de l’été ont fait officiellement douze morts et détruit plusieurs milliers d’hectares de forêts, de maquis et de terres agricoles. Parmi les zones les plus durement touchées figure la wilaya de Jijel, où les flammes se sont propagées sur une vaste partie du territoire. Pour faire face à la situation, les autorités avaient décrété trois jours de deuil national et engagé d’importants moyens de la Protection civile.
Le nouveau dispositif prévoit également l’application de la peine capitale dans certains cas d’enlèvement d’enfants, notamment lorsque les victimes subissent des actes de torture, des violences sexuelles ou des mutilations.
Cette évolution intervient alors que l’Algérie applique depuis 1993 un moratoire sur les exécutions. Des peines de mort continuent néanmoins d’être prononcées par les tribunaux, notamment dans des dossiers liés au terrorisme, sans qu’aucune exécution n’ait été réalisée depuis cette date.
Le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, a défendu devant les députés ce renforcement de la législation, estimant que les incendies volontaires avaient pris une dimension comparable au crime organisé. Il a également évoqué l’implication présumée d’acteurs étrangers.
Amnesty International conteste cette orientation et appelle les autorités algériennes à privilégier la prévention et l’amélioration des capacités d’intervention.
Le texte doit encore être examiné par le Sénat avant une éventuelle promulgation par le président Abdelmadjid Tebboune.


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