Dans la commune d’Akanda, vitrine résidentielle et huppée du Grand Libreville, une réalité moins reluisante se cache derrière les façades cossues : l’anarchie de l’alimentation de rue. Longtemps délaissé par les contrôles, ce secteur vital mais informel est désormais dans le collimateur de l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA). En ouvrant une représentation locale au cœur de la commune, l’agence a lancé une opération de nettoyage d’envergure, révélant au passage des pratiques d’hygiène alarmantes qui mettent en péril la santé de milliers de citadins séduits par la restauration rapide de proximité.
L’offensive ne se limite pas à de simples recommandations. Fortes de leur nouvelle proximité territoriale, les brigades de l’AGASA multiplient les mises en demeure et les fermetures provisoires d’établissements ne répondant pas aux normes sanitaires élémentaires. Ce coup de poing institutionnel a permis de dévoiler un véritable scandale alimentaire, où la quête de profit immédiat l’emportait trop souvent sur la sécurité des consommateurs. Pour les autorités, l’enjeu est de briser le cycle de la « malbouffe » qui prospère sur les trottoirs d’une ville pourtant symbole de réussite sociale.Cette reprise en main est accueillie avec un mélange de soulagement et d’inquiétude par les populations locales. Si la salubrité des assiettes est une priorité, l’assainissement du secteur pose également la question de la structuration de la filière. En imposant des standards rigoureux, l’AGASA force les vendeurs de rue à se professionnaliser, sous peine de disparition. Cette démarche vise à transformer l’offre gastronomique akandaise en un modèle de sécurité alimentaire, où la consommation de rue ne serait plus synonyme de risque sanitaire mais de service urbain de qualité.
L’expérience d’Akanda sert de laboratoire pour une politique de santé publique plus globale à l’échelle nationale. En démontrant l’efficacité d’une surveillance de proximité, l’AGASA envoie un signal fort aux opérateurs économiques du secteur : l’impunité dans l’assiette des Gabonais touche à sa fin. Pour la commune d’Akanda, ce passage au crible sanitaire est le prix à payer pour réconcilier son image de ville moderne avec les standards d’hygiène internationaux. La bataille pour une alimentation saine ne fait que commencer, et elle se joue désormais à chaque coin de rue.


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