Créée en février 2026 en remplacement de la Société d’agriculture et d’élevage du Gabon (Saeg) à la faveur d’une ordonnance et de deux décrets pris en Conseil des ministres, la Société agropastorale du Gabon (Agropag) traverse une zone de fortes turbulences menaçant sa survie même. Dotée initialement de deux milliards de francs CFA pour porter la diversification agricole et la souveraineté alimentaire, l’entreprise publique fait aujourd’hui face à des déchirements sévères entre son Conseil d’administration et sa Direction générale, compromettant les espoirs placés en elle.
Le président du Conseil d’administration, l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima, a ouvertement pointé du doigt le Directeur général, Aubert Aimé Ndjila, comme le principal responsable de cette situation de blocage. S’offusquant de l’immobilisme de l’institution, il a notamment déploré la tenue de cinq conseils d’administration en trois mois dont l’ensemble des résolutions ont été rejetées par la direction, illustrant des méthodes de gestion unilatérales et des rapports tendus sur fond de conflit intergénérationnel.Face à cette impasse institutionnelle où le dialogue semble rompu, l’ancien chef du gouvernement a annoncé sa décision de jeter l’éponge : « J’ai décidé, pour ne pas être le problème, de me retirer et de laisser les choses en l’état », a-t-il déclaré, visiblement dépité par l’impossibilité de faire avancer les dossiers fondamentaux de l’entreprise. Cette prise de position met en lumière les dysfonctionnements d’une structure à participation publique majoritaire pourtant chargée de missions cruciales telles que la mise en valeur des terres, l’appui aux producteurs et la réduction des importations alimentaires.
Cette guerre ouverte au sommet, quelques mois seulement après l’installation des dirigeants en mars 2026 par le ministre de tutelle, menace directement le bras armé de la politique de relance agricole du pays. Elle relance avec acuité le débat sur la gouvernance des entités stratégiques et la nécessité de purger les tensions internes pour préserver les ambitions économiques de l’État.


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