
Et si le véritable enjeu n’était pas d’interdire l’intelligence artificielle au lycée, mais d’apprendre aux élèves à bien l’utiliser ? À Libreville comme ailleurs, l’arrivée de ChatGPT et d’autres outils d’IA bouscule déjà les habitudes scolaires. Devoirs rédigés en quelques secondes, dissertations générées automatiquement, exposés réalisés sans véritable travail de recherche : pour certains enseignants, le risque de voir s’installer une forme de facilité intellectuelle est réel.
Mais faut-il pour autant bannir l’IA des établissements scolaires ?
L’interdiction totale pourrait priver les élèves d’un outil qui, lorsqu’il est correctement utilisé, peut aussi devenir un véritable support pédagogique : expliquer un cours, proposer des exercices, aider à réviser le baccalauréat ou accompagner l’apprentissage du codage.
La question serait donc moins celle de l’outil que de son usage. L’IA peut favoriser l’apprentissage, à condition de ne pas remplacer la réflexion personnelle.
Dans cette perspective, plusieurs pistes peuvent être envisagées : former les enseignants, sensibiliser les élèves à l’éthique numérique, développer leur esprit critique et définir clairement les usages autorisés.
Certaines limites pourraient également être posées, notamment l’interdiction de l’IA pendant les examens et les devoirs surveillés, où les productions doivent rester personnelles.
Le PNUD fait par ailleurs de la transformation numérique et de l’IA des accélérateurs de développement dans son plan stratégique 2026-2029.
Pour le Gabon, l’enjeu pourrait donc être de former une génération capable de comprendre, maîtriser et questionner l’IA, plutôt que de simplement la subir.


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