
Le décès d’un débiteur ne signifie pas nécessairement la fin de ses obligations financières. Au Gabon, le vaste dossier des 1 700 milliards de francs CFA de débets et d’amendes remet sur la table une question particulièrement sensible : qui doit payer lorsque la personne condamnée à rembourser n’est plus en vie ?
Selon les précisions du Premier président de la Cour des comptes, les dettes ne s’éteignent pas automatiquement avec le décès du débiteur. Dans le cadre d’une succession, les héritiers peuvent être confrontés au passif laissé par le défunt, au même titre qu’ils recueillent son patrimoine.
Autrement dit, une succession ne se résume pas aux biens, comptes ou propriétés transmis. Elle peut également comporter des obligations financières.
Les conjoints, enfants ou autres ayants droit pourraient ainsi être concernés par le règlement des sommes restant dues à l’État, selon les règles applicables à la succession.
Cette question prend une ampleur particulière alors que la Cour des comptes cherche à accélérer le recouvrement des sommes dues au Trésor public. Sur les quelque 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes recensés, moins d’un milliard aurait, à ce jour, été récupéré.
Pour les débiteurs encore en vie, l’échéance du 7 octobre constitue une nouvelle étape dans cette opération de recouvrement. Des mesures telles que la saisie des biens pourraient être engagées en cas de non-paiement, tandis que certains dossiers pourraient être transmis à la Cour criminelle spéciale.
Mais pour les débiteurs décédés, le problème change de visage : la dette pourrait désormais se retrouver au cœur des successions. Derrière ces chiffres se joue donc une question essentielle : comment récupérer les deniers publics sans transformer le poids des dettes anciennes en un fardeau inattendu pour les familles des personnes concernées ?


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