
Le diplomate gabonais Roll Stéphane Ngomat veut voir les États africains franchir un nouveau cap dans la lutte contre la circulation illicite des armes. À Genève, où se tient la douzième Conférence des États parties au Traité sur le commerce des armes (TCA), le président de l’Union Paix et Sécurité Africaine (APSU) a appelé les gouvernements à transformer leurs engagements internationaux en mesures concrètes.
Pour le responsable gabonais, la signature et la ratification d’un traité ne garantissent pas, à elles seules, son efficacité. Encore faut-il que ses dispositions soient intégrées dans les législations nationales, soutenues par des budgets conséquents et traduites en politiques publiques opérationnelles.« Il est urgent que les États parties s’approprient pleinement le Traité sur le commerce des armes, en assument la responsabilité et y consacrent les ressources financières nécessaires à sa mise en œuvre effective », a-t-il déclaré.
Au-delà des engagements diplomatiques, Roll Stéphane Ngomat préconise l’élaboration de plans d’action nationaux pour les pays qui n’en disposent pas. Il invite également les États déjà dotés de tels dispositifs à accélérer leur application, notamment en matière de contrôle des transferts et de prévention des détournements.
L’enjeu est majeur pour l’Afrique, confrontée à la persistance de conflits armés et à des réseaux criminels qui exploitent la circulation des armes légères et de petit calibre. Selon le diplomate, le commerce illicite et le détournement de ces équipements alimentent la violence armée, le terrorisme et la criminalité organisée.
Face à des trafics qui dépassent les frontières, il appelle à une meilleure coordination entre les gouvernements, le secteur privé et les partenaires internationaux. Cette coopération doit permettre de renforcer la traçabilité des armes et de limiter leur accès aux groupes armés non étatiques.
Entré en vigueur le 24 décembre 2014, le TCA encadre les transferts d’armes conventionnelles et vise à prévenir leur détournement. Pour Roll Stéphane Ngomat, son véritable impact se mesurera désormais à la capacité des États africains à faire de cet instrument international une réalité dans leurs politiques de sécurité.


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