Dans le village Lekori, le calvaire quotidien des habitants se lit sur les sentiers qui mènent inlassablement vers le cours d’eau local. Privée de tout accès au réseau d’adduction d’eau potable, cette communauté rurale est contrainte de s’en remettre entièrement à l’eau de sa rivière pour étancher sa soif et subvenir à ses besoins ménagers les plus élémentaires. Une situation de grande précarité sanitaire qui dure depuis de longs mois dans l’indifférence générale des pouvoirs publics.Les femmes et les enfants, premiers porteurs de cette lourde charge quotidienne, parcourent des kilomètres sous un soleil de plomb pour remplir bidons et bassines.
Cette corvée éreintante rythme la vie de la bourgade, reléguant au second plan la scolarité des plus jeunes et les activités champêtres des mères de famille. Le précieux liquide ainsi récolté, bien que trouble et impropre à la consommation, reste l’unique alternative pour survivre face à la sécheresse des forages.Les risques sanitaires liés à la consommation de cette eau de rivière non traitée pèsent lourdement sur la santé des habitants, en particulier sur les nourrissons et les personnes âgées. Les cas de maladies hydriques, telles que les diarrhées aiguës, le paludisme et les infections cutanées, se multiplient de manière inquiétante au sein du dispensaire de fortune du village. Le personnel médical local, démuni face à l’ampleur des consultations, ne peut que constater les ravages de cette incurie infrastructurelle.Face à cette urgence humanitaire, les notables et les chefs de carré multiplient les appels de détresse en direction des autorités administratives provinciales. Ils réclament l’installation rapide de pompes à motricité humaine ou la construction d’un forage moderne pour épargner à leurs administrés ce supplice médiéval.
L’enclavement de la zone ne doit plus servir de prétexte pour abandonner ces citoyens à leur triste sort hydrique.Le développement des zones rurales, pourtant érigé en priorité nationale par les hautes instances de la République, trouve ici sa limite la plus cruelle au quotidien. Tant que l’eau courante ne jaillira pas dans les rues de Lekori, le fossé entre les promesses de modernité urbaine et la dure réalité de l’hinterland continuera de se creuser. L’heure est désormais aux actes concrets pour redonner un minimum de dignité à ces populations oubliées de l’intérieur du pays.


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