La recrudescence de l’insécurité sous toutes ses formes continue de faire peser une lourde menace sur les opérateurs économiques de proximité, particulièrement dans la cité minière de Moanda, située dans la province du Haut-Ogooué. Les points de transfert d’argent, et plus particulièrement les services Airtel Money, s’imposent désormais comme les cibles privilégiées d’individus mal intentionnés. Un énième braquage en col blanc est venu illustrer cette insécurité grandissante, ciblant un commerçant étranger délesté de plus de 500 000 francs CFA par un escroc dont la cavale est activement menée par les forces de l’ordre.
Les faits, d’une grande froideur méthodologique, ont été immortalisés par le système de vidéosurveillance de l’établissement. Le malfrat, s’introduisant dans le commerce sous les traits d’un client ordinaire sollicitant une opération de retrait, a mis en scène une transaction des plus banales. Manipulant son téléphone portable pour simuler la réception d’un code de validation, il a profité d’une fraction de seconde d’inattention pour subtiliser à distance plus d’un demi-million de francs par un transfert frauduleux vers son propre compte. Une manœuvre exécutée avec une telle promptitude que le commerçant s’est retrouvé totalement impuni et démuni face à l’ampleur du préjudice.Loin d’être un cas isolé, ce mode opératoire met en lumière une véritable psychose qui s’installe durablement au sein de la communauté des gérants de kiosques à Moanda. De nombreux témoignages concordants révèlent une multiplication d’actes similaires au cours des derniers mois, orchestrés par des bandes ou des individus isolés maîtrisant à la perfection les failles comportementales et techniques des services de Mobile Money.
Ces stratagèmes bien rodés sèment la panique parmi les petits commerçants, qui voient s’évanouir en quelques secondes le fruit de semaines de labeur acharné.Face à cette recrudescence des infractions, la réaction des victimes n’a pas tardé à se manifester par la voie judiciaire. Alors que de multiples plaintes s’accumulent déjà sur les tables du commissariat central de police et de la brigade de gendarmerie locale, ce nouveau dossier a été confié à l’antenne provinciale de la Police judiciaire (PJ) du Haut-Ogooué. L’exploitation minutieuse et technique des bandes de vidéosurveillance constitue l’espoir ultime pour les enquêteurs de pister le suspect, de neutraliser ses complices et, par la même occasion, de démanteler ce réseau mafieux qui saigne l’économie informelle de la région.


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