L’initiative portée par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, visant à mobiliser les ressources nécessaires pour mettre fin à la pénurie d’eau potable dans le Grand Libreville, témoigne d’une détermination sans faille. Pour Edgard Nziembi Doukaga, en engageant un dialogue direct et ferme avec les équipes de la SEEG, le Chef de l’État affiche sa volonté de garantir l’accès à cette ressource vitale. Toutefois, l’opérationnalisation de cette stratégie, confiée aux forces de défense et de sécurité (Garde Républicaine, Sapeurs-Pompiers, Génie Militaire), suscite des interrogations légitimes sur sa viabilité à long terme.
Selon lui toujours,le constat sur le terrain est sans appel. Dans des quartiers comme Montalier Terminus, l’absence d’eau courante oblige de nombreux foyers à une débrouille coûteuse et épuisante. Si la discipline et la rigueur logistique des corps constitués sont indiscutables, le dispositif d’urgence déployé ce mercredi semble déjà se heurter à la réalité du terrain. Le numéro unique, le 18, saturé par un flux d’appels massif, illustre le décalage entre la demande exponentielle des ménages et la capacité de réponse immédiate du système. Pour l’observateur, cette mesure, bien qu’animée par une intention louable, risque de se révéler inopérante face à l’ampleur du stress hydrique qui frappe Libreville, Owendo, Akanda et Ntoum.Face à cette urgence nationale, une approche plus structurelle semble s’imposer. Comme le suggère Edgard Nziembi Doukaga, l’intervention de la force publique aurait gagné à être couplée à une régulation rigoureuse du secteur privé de livraison d’eau.
L’encadrement du statut juridique des livreurs, la garantie sanitaire de l’eau distribuée et, surtout, le plafonnement des tarifs pratiqués sont autant de leviers indispensables pour protéger les populations vulnérables.Si l’engagement présidentiel place la question de l’accès à l’eau au centre de l’action publique, la pérennité de cette démarche dépendra de sa capacité à dépasser la gestion de crise pour s’inscrire dans une stratégie durable. Le devoir de vérité, pilier de la responsabilité citoyenne, impose de souligner que seule une refonte globale du système de distribution, accompagnée d’un contrôle strict des acteurs privés, pourra réellement endiguer ce fléau qui pèse lourdement sur le quotidien des Gabonais.


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