Réunissant à Libreville les directeurs généraux des administrations publiques et leurs responsables financiers, le Président de la République, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, a tapé du poing sur la table pour siffler la fin de la récréation parafiscale. Devant un parterre de hauts commis de l’État et plusieurs membres du Gouvernement, le Chef de l’État a dressé un diagnostic sans concession du système actuel, qu’il a qualifié sans détour de « racket institutionnel ». Cette sortie d’une fermeté absolue marque une rupture totale avec les anciennes pratiques managériales, posant la transparence et la centralisation des recettes au Trésor Public comme les principes non négociables d’une gouvernance désormais axée sur la reddition de comptes.Le constat chiffré de ce désordre administratif donne le vertige et justifie pleinement l’urgence de cette reprise en main.
Pas moins de trente-huit prélèvements parafiscaux distincts sont actuellement recensés, perçus par douze autorités différentes agissant de manière totalement déconnectée. Sur le terrain, ce manque flagrant de coordination se traduit par un calvaire pour les opérateurs économiques, un même commerçant pouvant subir jusqu’à quinze inspections par an pour les mêmes produits. Ce harcèlement fiscal asphyxie non seulement le tissu entrepreneurial national, mais alimente également de façon mécanique la vie chère au détriment direct du pouvoir d’achat des Gabonais, les entreprises répercutant inévitablement le coût de ces taxes sauvages sur le consommateur final.Pour démanteler ce système d’opacité, la présidence de la République déploie une stratégie articulée autour de quatre exigences fondamentales. Désormais, toute taxe devra obligatoirement reposer sur un texte publié et inscrit dans la loi de finances, tandis que le Trésor Public s’imposera comme l’unique collecteur des deniers de l’État, coupant court aux caisses parallèles. Parallèlement, la suppression des doublons administratifs s’accompagnera de la création d’un service unique de coordination des contrôles, permettant d’intégrer intelligemment les 1 166 agents assermentés du secteur sans qu’ils ne perdent leur statut ni leur emploi, préservant ainsi les missions légitimes de service public liées à la sécurité alimentaire et sanitaire.
Cette grande refonte structurelle s’inscrit d’ores et déjà dans la dynamique irréversible de la Vᵉ République, soutenue par un calendrier ferme et vérifiable par les partenaires internationaux. Le Chef de l’État a fixé un premier cap à douze mois pour rendre compte au peuple gabonais des sommes effectivement rentrées dans les caisses de l’État. À l’horizon de vingt-quatre mois, la nouvelle architecture cible devra être pleinement opérationnelle à Libreville, Port-Gentil et Oyem : chaque acteur économique n’aura alors plus affaire qu’à un seul interlocuteur, un seul contrôle et une seule quittance, restaurant ainsi la crédibilité financière du Gabon par la rigueur et la traçabilité.


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