Le temps de la grâce et des discours d’investiture est définitivement révolu.Cent jours après avoir reçu leurs feuilles de route des mains du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, les membres de l’équipe gouvernementale font face au premier grand examen de leur mandat. La remise officielle du rapport d’étape par le Vice-Président du Gouvernement a mis en lumière de profondes disparités de performance au sein de l’appareil ministériel. Si certains ministres ont su imprimer un rythme managérial rigoureux et produire des avancées significatives, une frange non négligeable de l’équipe peine à matérialiser la rupture promise, ravivant dans les états-majors politiques les rumeurs persistantes d’un remaniement imminent pour résultats insuffisants.
Dans les rues de Libreville comme à l’intérieur du pays, le thermomètre social s’affole et cible des portefeuilles bien précis. Les secteurs névralgiques de l’eau, de l’énergie, des travaux publics, de la santé, de la sécurité et des affaires sociales demeurent sous le feu nourri des critiques citoyennes. Les délestages récurrents, les pénuries d’eau potable, la précarité des infrastructures routières urbaines et les lenteurs dans la prise en charge des populations vulnérables alimentent le quotidien des plaintes des Gabonais. Pour ces ministères dits « de première ligne », le décalage entre les ambitions affichées au Palais Rénovation et l’impact socio-économique réel sur le panier de la ménagère commence à peser lourdement sur le bilan global de l’exécutif.Cette évaluation des 100 jours met à nu le manque de réactivité et le déficit de culture de résultat de certains hauts commis de l’État. En dépit des budgets alloués et d’une feuille de route pourtant claire, les contre-performances relevées dans l’exécution de plusieurs projets structurants démontrent que certains ministres n’ont pas su briser les lourdeurs bureaucratiques héritées de l’ancien système.
Face à un Chef de l’État dont le style de gouvernance est ancré dans le pragmatisme et l’obligation de résultats immédiats, ces retards à l’allumage s’apparentent désormais à des fautes de gestion politique difficilement pardonnables.Le verdict politique de ce grand oral de la performance est désormais entre les mains du Président de la République. Les instructions fermes données pour accélérer significativement les chantiers en souffrance sonnent comme un ultime avertissement avant la sentence. Pour sauver la crédibilité de l’action publique et maintenir le pacte de confiance avec les populations, Brice Clotaire Oligui Nguema pourrait être amené à opérer des arbitrages douloureux dans les prochains jours. Une séparation de corps avec les ministres jugés défaillants semble inéluctable, car sur l’autel de l’efficacité républicaine, aucun calcul politique ne saurait aujourd’hui justifier le maintien du statu quo.


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