Dans une entrevue exclusive accordée à nos confrères du quotidien national l’Union, le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, livre un diagnostic sans concession sur l’état de la Nation, un an après sa prestation de serment. Loin des discours de célébration facile, Oligui Nguema affiche une « détermination absolue » face à l’immensité des attentes légitimes du peuple. Reconnaissant que le plébiscite de 94,85 % des suffrages exprimés lors du référendum était aussi « l’expression d’une détresse », il réaffirme son engagement à transformer le quotidien des Gabonais dans le cadre de la Ve République.Justifiant le passage à un régime présidentiel renforcé, le Chef de l’État balaye les critiques sur la suppression du poste de Premier ministre.
Pour lui, l’ancien système n’était qu’une machine à fabriquer des « fusibles » permettant de diluer les responsabilités en cas d’échec. Désormais, l’exécutif se veut « fort, responsable et lisible », avec une coordination directe de l’action ministérielle pour éviter les lenteurs administratives du passé. « Quand une décision est prise, elle est exécutée », martèle-t-il, érigeant l’efficacité en dogme de sa gouvernance.Le Président ne fuit pas le débat sur la vie chère, sujet de préoccupation majeur dans les foyers. Tout en admettant que les mesures de plafonnement des prix n’ont pas encore éliminé la souffrance des populations, il pointe du doigt un problème structurel : la dépendance aux importations. Avec un héritage de plus de 7 500 milliards de francs CFA de dettes, la reconstruction du pays se fait « à marche forcée ». Les nouveaux leviers, comme la Loi de Finances rectificative 2026 et la baisse de la TVA à 5 % sur les matériaux de construction, visent à redonner de l’air au pouvoir d’achat tout en encourageant la production locale.
Face aux rumeurs de désillusion, le Chef de l’État oppose une culture de la résilience et des réformes structurelles. Du Plan National de Croissance 2026-2030 à la restructuration profonde du monde du travail, l’ambition est de sortir le Gabon de l’économie de rente. Tout en reconnaissant les lacunes persistantes dans la distribution d’eau et d’électricité — « pilier numéro 1 de son projet de société » — il appelle ses compatriotes à un changement de paradigme, notamment vers l’entrepreneuriat, pour que l’État ne soit plus l’unique bouée de sauvetage d’une jeunesse en quête d’avenir.


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