Au cœur du département des Plateaux, la ville de Léconi, jadis promue à une modernisation d’envergure, semble aujourd’hui suspendue au bon vouloir des pelleteuses immobiles. Les projets de réhabilitation, qui devaient transfigurer le visage de cette cité aux paysages sablonneux, s’enlisent dans une léthargie préoccupante. Entre herbes folles et structures inachevées, le contraste est saisissant entre l’ambition affichée sur le papier et la réalité d’un quotidien marqué par des chantiers à l’arrêt qui désolent les riverains.Le secteur éducatif paie un lourd tribut à cette situation.
Au Lycée Eugène Kakogho, les travaux de réfection entamés en 2023 pour offrir un cadre d’apprentissage décent aux élèves sont aujourd’hui au point mort. Si les toitures ont été partiellement refaites, les finitions manquent cruellement, laissant l’établissement dans un état de vulnérabilité face aux intempéries. Plus loin, l’École publique communale de Léconi-Mpoi attend désespérément son plateau sportif pluridisciplinaire, privant ainsi la jeunesse locale d’un espace propice à l’épanouissement physique.L’infrastructure routière, nerf de la guerre pour le désenclavement de la province du Haut-Ogooué, n’est pas épargnée. L’axe stratégique reliant Léconi à la frontière de Kabala présente des signes de dégradation avancée. L’absence d’entretien et les effets conjugués de l’érosion menacent de rompre totalement cette liaison vitale. Le maire de la commune, Florent Aparat, ne cache pas son inquiétude face à cette décrépitude qui fragilise l’économie locale et la libre circulation des biens et des personnes vers le pays voisin.
Face à ce panorama de projets en souffrance, le cri du cœur des populations de Léconi est unanime : une reprise immédiate des travaux est impérative. Qu’il s’agisse du futur hôpital, des logements du personnel médical ou de l’Hôtel de ville, chaque infrastructure inachevée est une promesse de développement trahie. Pour que la ville retrouve son lustre et son dynamisme, les autorités compétentes et les entreprises adjudicataires devront impérativement accorder leurs violons afin de transformer ces squelettes de béton en véritables leviers de croissance.


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