L’Hôtel de Ville de Libreville a retrouvé son unité lors d’une session extraordinaire historique tenue ce 30 avril. Après les turbulences institutionnelles qui ont marqué le début du mois, les 145 conseillers municipaux présents ont adopté, à l’unanimité, le budget primitif de l’exercice 2026, arrêté à la somme de 30,77 milliards de FCFA. Ce vote sans voix discordante marque un tournant décisif pour l’édile Eugène Mba, qui réussit ainsi son premier test politique majeur en obtenant un quitus total pour engager sa vision managériale et stabiliser une institution en quête de nouveau souffle.
Sur le plan comptable, cette enveloppe budgétaire affiche une progression ambitieuse de 20 % par rapport à l’année précédente, soit une hausse de plus de 5 milliards de FCFA. Cette dynamique financière repose sur trois piliers stratégiques : une optimisation des recettes propres grâce à la digitalisation du recouvrement, une augmentation substantielle des ristournes de l’État conformément à la Loi de Finances, et une subvention dédiée à la revalorisation des indemnités des chefs de quartier. Ce réalisme budgétaire vise à doter la commune des moyens nécessaires pour rompre avec l’inertie et répondre aux exigences croissantes de la capitale.L’innovation majeure de cet exercice réside dans l’adoption de douze projets de délibérations structurants qui ouvrent la voie à une transformation profonde des services municipaux. Le Conseil a donné son feu vert pour le lancement d’une vaste offensive de numérisation de l’état civil, l’acquisition d’engins lourds pour les six arrondissements, ainsi que la renégociation des baux commerciaux pour une meilleure gestion des marchés urbains. En misant sur la coopération décentralisée et la recherche de partenariats pour l’aménagement de parkings, la municipalité entend professionnaliser sa gestion tout en renforçant les capacités de son capital humain.
Au-delà des chiffres, l’ambition du maire Eugène Mba se résume en un triptyque clair : faire de Libreville une cité « Aérée, Aménagée et Agréable » (le plan 3A). Les investissements prioritaires seront fléchés vers la lutte contre l’insalubrité, l’adressage urbain et la multiplication d’infrastructures de proximité comme les forages et les plateaux sportifs. En clôturant les travaux, le premier magistrat a rappelé l’impératif de résultats face à des populations lassées par les discours, soulignant que chaque franc décaissé doit désormais se traduire par une amélioration tangible et visible de l’espace de vie des Librevillois.


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