La mairie de Libreville, vitrine de notre administration municipale, est de nouveau secouée par les vents contraires du déshonneur. Le recensement conduit par le désormais ancien Maire, Pierre Mathieu Obame Etoughe, a mis à nu une réalité révoltante : l’existence de 70 agents ayant accédé à leurs fonctions au moyen de titres académiques usurpés. Ce constat, qui jette l’opprobre sur l’institution, place désormais l’actuel édile, Eugène Mba, devant une responsabilité historique. Il ne s’agit plus de gérer des susceptibilités politiques, mais de procéder à une purge salutaire pour restaurer la crédibilité d’une administration trop longtemps gangrénée par la fraude.
L’heure n’est plus aux demi-mesures ni aux circonvolutions diplomatiques. La présence de ces « mercenaires du diplôme » constitue non seulement un outrage aux milliers de jeunes Gabonais brillamment diplômés qui arpentent le bitume en quête d’emploi, mais aussi une spoliation caractérisée des deniers publics. Chaque salaire versé à ces imposteurs est une insulte au mérite et à la probité. Pour Eugène Mba, le défi est clair : il doit faire preuve d’une fermeté inflexible en écartant sans ménagement ces agents indélicats. Faire le ménage sans complaisance est la seule voie pour assainir un fichier personnel devenu un nid de passe-droits.Ce chantier de l’assainissement doit être mené sans état d’âme. Dans une ville qui aspire à la modernité et à l’excellence, laisser prospérer le mensonge au cœur de l’appareil municipal reviendrait à cautionner l’imposture comme mode d’ascension sociale. Le maire doit comprendre que son action sera scrutée comme le baromètre de sa volonté réelle de rompre avec les pratiques d’antan. Le nettoyage attendu n’est pas une chasse aux sorcières, mais une opération de salubrité administrative indispensable pour redonner aux agents honnêtes la fierté de porter les couleurs de la commune.
Au-delà des sanctions administratives, ce scandale appelle une réflexion profonde sur les mécanismes de recrutement et de contrôle au sein de nos collectivités locales. Libreville mérite une gestion rigoureuse, portée par des hommes et des femmes dont la compétence est attestée par des parchemins authentiques. En tranchant dans le vif, Eugène Mba enverrait un signal fort à l’ensemble de la classe administrative : la récréation est terminée. Le renouveau de la capitale passe inévitablement par une mairie propre, exemplaire et résolument engagée sur le chemin de la vérité.


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