Alors que le Gabon amorce un virage décisif vers la restauration de ses institutions, un contraste saisissant s’opère dans la province du Haut-Ogooué. Tandis que plusieurs collectivités locales affichent désormais leurs ambitions budgétaires avec une clarté nouvelle, la commune d’Akiéni et le Conseil Départemental de Lékoni-Lékori semblent s’être emmurés dans un silence préoccupant. Ce mutisme administratif, loin d’être une simple omission, commence à être perçu par les administrés comme un déni de transparence, jetant un voile d’opacité sur l’usage des deniers publics et sur la direction réelle imprimée au développement de ces localités.
Le malaise des populations s’articule autour d’un principe fondamental : le droit inaliénable à l’information budgétaire. Un budget n’est pas une confidence de couloir, c’est un acte public, la traduction chiffrée d’un contrat social entre l’élu et son mandant. En privant les citoyens de cette visibilité, les institutions locales de la Lékoni-Lékori alimentent mécaniquement la suspicion et érodent le lien de confiance. Sans chiffres, sans orientations claires, comment juger de l’adéquation entre les besoins criants en santé, en éducation ou en voirie, et les moyens réellement mobilisés ? L’immobilisme actuel suggère une absence de vision programmatique que les discours ne suffisent plus à masquer.Il est temps pour les édiles de ces circonscriptions de comprendre que la compétence ne se mesure plus à l’éloquence des promesses de campagne, mais à la capacité de transformer chaque franc CFA en un service concret rendu à la collectivité. Le développement ne se décrète pas, il se planifie. Se murer dans le silence face à d’éventuelles contraintes financières est un aveu de faiblesse ; le dire avec courage et transparence est une preuve de leadership. La population d’Akiéni ne réclame pas l’impossible, elle exige du respect et de la clarté : elle veut savoir si ses rêves de progrès sont bridés par un manque de ressources ou par un manque de plaidoyer efficace de la part de ses représentants.
Face à cette urgence démocratique, l’appel à la rupture avec l’obscurantisme administratif se fait pressant. La publication immédiate des orientations budgétaires pour l’exercice en cours et la présentation d’une feuille de route précise pour les projets prioritaires sont devenues des impératifs catégoriques. Le Conseil Départemental de Lékoni-Lékori et la Mairie d’Akiéni ne peuvent rester en marge de la dynamique nationale de restauration. Il appartient désormais aux élus de prouver qu’ils sont les acteurs du changement et non les gardiens d’un système qui a trop longtemps confondu gestion publique et secret de famille.


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