C’est une annonce qui a fait l’effet d’une décharge électrique dans les travées de la municipalité. Pierre Matthieu Obame Etoughe, après une période d’intenses réformes, a officiellement annoncé sa démission de la tête de l’Hôtel de Ville de Libreville. L’édile sortant ne part pas en silence ; il laisse derrière lui un état des lieux sans concession, fruit d’une gestion rigoureuse destinée à assainir une institution longtemps critiquée pour ses lourdeurs et ses zones d’ombre. Ce départ marque la fin d’un chapitre et le début d’une transition scrutée de près par tous les administrés de la capitale.Le bilan présenté par le désormais ex-Maire se lit comme un véritable manuel de salubrité administrative.
Au cœur de son action, trois missions administratives de grande envergure ont été menées pour passer au crible le fonctionnement des services municipaux. Le chiffre le plus saisissant reste sans doute celui des 3 000 faux diplômes détectés au sein de l’effectif pléthorique de la mairie. Ce coup de pied dans la fourmilière témoigne d’une volonté de restaurer la méritocratie et l’intégrité au sein de l’administration locale, mettant fin à des années de pratiques opaques en matière de recrutement.Parallèlement à cet assainissement des ressources humaines, Pierre Matthieu Obame Etoughe a engagé une vaste restructuration des carrières. Le bilan fait état de 96 départs à la retraite, permettant un renouvellement nécessaire des cadres, tandis que 250 dossiers sont actuellement en examen pour régularisation ou arbitrage. Ces chiffres illustrent une volonté de « dégraisser » le mammouth municipal tout en respectant les droits sociaux des agents, posant ainsi les jalons d’une mairie plus agile et moins budgétivore pour le contribuable librevillois.
En quittant son fauteuil, l’ancien Maire laisse une institution en pleine mutation. Les bases posées par son audit interne constituent un héritage incontournable pour son successeur. La ville de Libreville se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins : entre la poursuite de ce grand ménage nécessaire et le besoin de stabilité pour mener à bien les projets d’urbanisation. Une chose est certaine, le passage d’Obame Etoughe restera marqué par cette volonté de placer la transparence au-dessus des arrangements de couloirs.


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