À Angondjé Mangouba, le bitume des projets immobiliers de prestige semble avoir un goût de cendre pour la famille Bimouila. Jean Robert, le patriarche, et sa fille aînée Yonelle, se retrouvent aujourd’hui au cœur d’un imbroglio foncier qui illustre les failles d’une politique d’aménagement urbain parfois sourde aux réalités sociales. Alors que la Société Nationale Immobilière (SNI) avance ses pions pour récupérer des parcelles dans cette zone en pleine extension, elle se heurte à la résistance d’une famille qui crie à l’expropriation abusive, brandissant des documents que l’administration semble vouloir ignorer.Le cas de Jean Robert Bimouila est symptomatique de ces « laissés-pour-compte » du développement de la périphérie de Libreville.
Propriétaire d’un terrain qu’il affirme occuper de longue date, ce père de famille vulnérable voit ses droits contestés par un mastodonte étatique dont la mission première est pourtant de faciliter l’accès au logement. Pour Yonelle Bimouila, le combat n’est plus seulement juridique, il est existentiel : celui de la protection d’un héritage et d’un toit face à une machine bureaucratique perçue comme une menace directe pour l’équilibre d’un foyer déjà précarisé.Au sein de l’opinion, l’agacement monte face à ce qui est perçu comme un « deux poids, deux mesures » foncier. Comment la SNI, bras armé de l’État en matière d’habitat, peut-elle se retrouver dans une posture de confrontation si radicale avec des citoyens modestes ? Le manque de transparence dans l’attribution des titres et la superposition des plans cadastraux entre les occupants historiques et les nouveaux projets immobiliers créent un climat d’insécurité juridique chronique. À Angondjé, le dialogue semble rompu, laissant place à une stratégie de la force qui érode la confiance entre l’administré et les institutions.L’issue de ce conflit sera un test de crédibilité pour la gestion foncière au Gabon.
Si la SNI persiste dans sa volonté d’éviction sans proposer de garanties de relogement ou de compensations équitables, elle risque de transformer un simple litige immobilier en un symbole de l’injustice sociale. Pour Jean Robert et Yonelle Bimouila, l’espoir réside désormais dans une médiation de la dernière chance, loin de la froideur des bulldozers, afin que le développement urbain ne se fasse plus au détriment de la dignité des familles les plus fragiles.


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