Le Palais de la Rénovation bruisse d’une ambition nouvelle : celle de faire du sud du Gabon le nouveau poumon industriel du pays. Ce vendredi, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu les principaux opérateurs miniers actifs dans la province de la Nyanga. Cette audience de haut niveau, loin des simples formalités protocolaires, marque un tournant opérationnel. Pour le chef de l’État, il ne s’agit plus de recenser les gisements, mais d’acter leur mise en exploitation immédiate. L’objectif est clair : transformer une province longtemps restée dans l’ombre en un hub extractif capable de rivaliser avec le Haut-Ogooué.
Au cœur de cette stratégie, trois projets majeurs cristallisent les espoirs de diversification économique : le fer de Milingui, le marbre de Doussièguoussou et la potasse de Mayumba. Si ces noms résonnent depuis des décennies dans les rapports géologiques, la méthode Oligui Nguema impose désormais un calendrier serré. Les opérateurs ont dû présenter des chronogrammes précis, sous l’œil vigilant d’un président qui a fait de l’accélération des délais son maître-mot. Selon certains participants, la réunion a servi de « recadrage des priorités », signalant que l’ère des concessions dormantes est définitivement révolue.Le ministre des Mines, Sosthène Nguema, n’a pas caché son optimisme, qualifiant la Nyanga de « véritable espoir » pour le secteur. Les chiffres annoncés marquent une rupture : l’exploitation du marbre de Doussièguoussou et le lancement de la production de fer à Milingui sont actés pour l’année 2026, avec un coup d’envoi pour le fer dès novembre. Cette convergence entre l’Exécutif et les investisseurs privés dessine les contours d’une valorisation accélérée des ressources nationales, indispensable pour compenser la volatilité de la rente pétrolière.L’enjeu est avant tout social. Dans une région où le chômage des jeunes reste une plaie ouverte, ces chantiers promettent une onde de choc positive sur le marché de l’emploi. À eux seuls, les projets de la Nyanga pourraient générer entre 6 000 et 7 000 emplois directs et indirects.
Le fer de Milingui, pièce maîtresse du dispositif, devrait absorber à lui seul plus de 1 600 travailleurs. Pour le pouvoir en place, transformer ces minerais en fiches de paie est le meilleur gage de stabilité politique et de développement intégré pour le Sud.Au-delà de l’extraction, c’est une vision de souveraineté industrielle qui se dessine. En misant sur la diversité des minerais — du fer à la potasse — le Gabon cherche à élargir son assiette fiscale et à s’imposer comme un acteur minier incontournable dans la sous-région. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, la Nyanga doit devenir le laboratoire d’un modèle de développement où l’exploitation responsable des ressources finance directement la transformation sociale. Si le calendrier de 2026 est tenu, le Gabon aura réussi son pari : faire de sa terre le moteur de sa propre émergence.


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