Depuis semaines, l’accès aux principales plateformes de réseaux sociaux est fortement perturbé, voire totalement interrompu sur l’ensemble du territoire. Cette suspension, qui est cette justifiée, plonge les acteurs économiques et les citoyens dans une incertitude croissante. Si les autorités invoquent la nécessité de prévenir la propagation de « fake news » et de préserver l’ordre public dans un contexte de transition politique sensible, ce sevrage digital commence à peser lourdement sur l’image de modernité que Libreville s’efforce de projeter à l’international, notamment par la perte quotidienne de 1 milliard de FCFA au quotidien, selon Netblocks.
Pour les entreprises et les start-ups du Grand Libreville, le coût de cette déconnexion est immédiat. Dans une économie de plus en plus dématérialisée, où Whatsapp, Tik Tok et Facebook servent de plateformes de transaction pour le secteur informel et de canaux de communication pour le formel, le retour à la normale est devenu une urgence absolue. L’absence de chronogramme clair de la part de la Haute Autorité de la communication alimente toutes les spéculations.
Le rétablissement de la pleine connectivité est désormais un test de cohérence pour le gouvernement de transition. Alors que le pays est leader du numérique en Afrique centrale, la persistance de ces coupures fragilise la confiance des investisseurs technologiques et entrave la liberté d’expression. Le retour à la normale, espéré par une population de plus en plus prompte à utiliser des VPN pour contourner la censure, sera le signal d’une stabilisation durable du climat socio-politique.


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