Dans un courrier officiel daté du 17 mars 2026, l’opérateur Karpowership Global DMCC (KPS) aurait notifié aux autorités gabonaises son intention de suspendre totalement sa production d’électricité dès ce jour à 23h59. Cette décision radicale menace de priver le Grand Libreville de 150 MW, soit une part vitale de sa consommation, au moment même où le secteur énergétique national traverse une zone de turbulences inédite. Pour l’énergéticien turc, ce passage à l’acte marque la fin d’un « dialogue de sourds » et place le gouvernement devant un ultimatum financier aux allures de surenchère.
Malgré une médiation de haut niveau entamée en février 2025 entre le Président Brice Clotaire Oligui Nguema et les dirigeants du groupe, les engagements de règlement semblent s’être enlisés dans les méandres des tensions budgétaires indique l’entreprise. Karpowership, qui affirme avoir maintenu l’exploitation « par esprit de coopération » au-delà des échéances, juge désormais l’acompte de 5 milliards de FCFA dérisoire face à ses charges opérationnelles.
L’opérateur exige un versement immédiat de 15 milliards de FCFA pour maintenir ses turbines en activité, pointant un seuil de non-retour financier qui met en péril la viabilité même de son contrat avec l’État gabonais.Pour la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) et les ministères de l’Énergie et de l’Économie, cette mise en demeure est un coup dur qui fragilise une paix sociale déjà précaire. Un arrêt de la centrale flottante plongerait le sud de la capitale dans le noir, aggravant un déficit énergétique que les infrastructures terrestres peinent à combler.
Si le représentant de KPS, Cagdas Sevik, laisse la porte ouverte à des « discussions urgentes », la marge de manœuvre de Libreville est étroite : céder à l’urgence financière pour éviter le black-out ou risquer une paralysie de l’activité économique dans le Grand Libreville.L’enjeu dépasse désormais le simple cadre contractuel pour devenir un test de souveraineté et de gestion de crise pour l’exécutif. Cette dépendance à des solutions d’urgence externalisées comme les powerships rappelle la fragilité du mix énergétique gabonais et l’urgence de mener à bien les réformes structurelles de la SEEG. Dans l’attente d’un dénouement de dernière minute, les usagers et les industriels de la zone Sud retiennent leur souffle, alors que l’ombre d’un rationnement sévère de l’électricité plane plus que jamais sur la capitale gabonaise.
Moore, Journaliste stagiaire


Commentaires