Le marché foncier gabonais, déjà sous haute tension, fait face à une nouvelle menace : celle de la cyber-escroquerie à grande échelle. Ce 17 mars 2026, l’Agence Nationale de l’Urbanisme, des Travaux Topographiques et du Cadastre (ANUTTC) a brisé le silence pour dénoncer une campagne de désinformation agressive orchestrée sur les réseaux sociaux. De fausses annonces de vente de parcelles, localisées dans des zones stratégiques comme Okolassi et Bolokoboué, circulent via un compte Facebook usurpant l’identité visuelle de l’institution.
Face à la multiplication des appels de citoyens inquiets, la cellule de communication de l’agence a tenu à clarifier la situation : aucun programme de cession de terrains n’est actuellement ouvert sur ces sites.Le ministère du Logement a rapidement emboîté le pas à l’ANUTTC, confirmant la falsification grossière de documents présentés comme des communiqués officiels. Cette manœuvre frauduleuse exploite une faille structurelle du paysage urbain gabonais : la soif inextinguible des populations pour l’accession à la propriété. En utilisant des en-têtes institutionnels pour crédibiliser leurs offres, les escrocs visent à soutirer des fonds à des épargnants souvent mal informés des procédures cadastrales réelles. Pour les autorités, ce scandale met en lumière la vulnérabilité des services publics face à l’usurpation d’identité numérique et l’urgence de sécuriser les canaux de communication officiels.Dans un contexte où la demande de terrains reste largement supérieure à l’offre, l’administration appelle désormais à une vigilance accrue.
Cette énième tentative d’escroquerie foncière rappelle la nécessité pour les acquéreurs de ne se fier qu’aux guichets physiques de l’ANUTTC et aux plateformes certifiées de l’État. Au-delà de l’alerte sécuritaire, cet incident repose la question de la transparence et de la célérité dans l’attribution des titres fonciers, seuls remparts efficaces contre la prolifération des prédateurs immobiliers qui pullulent sur la Toile. La traque des auteurs de ce faux compte est désormais engagée, marquant la volonté de Libreville de sanctuariser le secteur du logement.
Moore, Journaliste stagiaire


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