Libreville peut s’enorgueillir d’un nouveau satisfecit international. Dans ses dernières projections, la Banque mondiale prévoit pour le Gabon une croissance de 3,7 % à l’horizon 2026, un chiffre qui témoigne de la résilience d’un modèle économique en pleine mutation. Alors que la conjoncture mondiale reste marquée par l’instabilité des cours et des tensions inflationnistes, cette performance place le pays parmi les locomotives de la zone CEMAC. Cette annonce vient confirmer la solidité des fondamentaux gabonais et la pertinence des arbitrages budgétaires récents, qui semblent avoir convaincu l’institution de Washington de la capacité du pays à maintenir sa trajectoire sur le long terme.
Cette dynamique ne doit rien au hasard et repose sur une stratégie d’investissement public agressive, couplée à une modernisation accélérée des infrastructures de base. En injectant massivement des capitaux dans les secteurs structurants — de l’énergie aux transports —, l’exécutif cherche à lever les goulots d’étranglement qui freinaient jusqu’ici le potentiel de croissance du pays. Ce volontarisme, porté au plus haut sommet de l’État, vise à créer un environnement propice aux affaires, capable d’attirer des investissements directs étrangers (IDE) dans des filières à haute valeur ajoutée, tout en consolidant les acquis du secteur pétrolier, pilier historique des revenus de l’État.Au-delà de la rente pétrolière, c’est le pari de la diversification qui commence à porter ses fruits.
En encourageant la transformation locale des ressources naturelles et en développant le secteur tertiaire, Libreville s’attache à réduire sa vulnérabilité aux chocs exogènes. Ce taux de croissance de 3,7 % est perçu comme le dividende d’une gouvernance plus rigoureuse et d’une volonté affichée de réforme de l’appareil productif. Pour le Gabon, l’enjeu des deux prochaines années sera de transformer ce rebond statistique en une croissance plus inclusive, capable de générer des emplois durables et de répondre aux attentes sociales croissantes de la population.


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