Dans l’Å“il du cyclone médiatique, le maire de Libreville, Pierre-Mathieu Obame Etoughe, a choisi la contre-offensive pour justifier sa méthode de gestion de l’Hôtel de Ville. Accusé par une partie de l’opinion de maintenir un cabinet pléthorique, l’édile a fermement démenti les chiffres circulant dans la capitale gabonaise. En ramenant le nombre de ses conseillers à 36 membres officiels, loin des 186 cités par ses détracteurs, il tente de projeter l’image d’un gestionnaire soucieux des deniers publics, tout en qualifiant les critiques de « mauvaise foi ». Pour lui, l’heure n’est plus à la complaisance, mais à une restructuration profonde de l’administration municipale pour en finir avec l’immobilisme.
Le bras de fer ne se limite pas à la composition de son entourage, mais s’étend à la répartition des ressources financières entre la mairie centrale et les arrondissements. Face aux critiques sur le budget de 70 millions de francs CFA alloué aux mairies locales, Obame Etoughe rappelle une réalité institutionnelle stricte : les maires d’arrondissement agissent en tant que délégués du maire central. En relevant le plafond des états spéciaux de 60 à 70 millions, il défend une volonté d’équilibrer les besoins opérationnels des quartiers de Libreville sans pour autant céder à une décentralisation budgétaire qu’il juge juridiquement encadrée par le pouvoir central.Enfin, l’édile de la plus grande métropole du pays mise sur une « nouvelle gouvernance » technocratique pour redorer le blason de la municipalité.
En s’appuyant sur la digitalisation et une collaboration étroite avec l’Aninf (Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences), le maire revendique déjà des résultats concrets, notamment la radiation de près de 300 agents fictifs. Ce grand ménage, qui vise à réduire la masse salariale pour réinvestir dans l’embellissement de la cité, s’inscrit dans une feuille de route rigide dont il assure ne pas vouloir dévier, malgré les pressions politiques et sociales inhérentes à la gestion de la capitale.


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