À Libreville, l’exécutif semble vouloir troquer la rigueur froide des chiffres pour une approche plus « affective » de la gestion des carrières. Le Comité Suivi-Évaluation vient d’annoncer une offensive d’envergure pour février 2026, articulée autour d’un triptyque critique : régulariser, intégrer et payer. En ligne de mire, la résorption de situations administratives devenues de véritables nids à contentieux. Cette séquence opérationnelle, qui se veut chirurgicale, ambitionne de transformer des validations techniques en droits financiers sonnants et trébuchants, tentant ainsi de réconcilier l’agent public avec une administration souvent jugée kafkaienne.
Le cœur de cette manœuvre se situe sans surprise dans le chaudron de l’Éducation nationale. Le Comité confirme la mise en solde imminente de 148 enseignants fraîchement émoulus des écoles de formation : 78 diplômés de l’ENS et 70 de l’ENSET. Si ces chiffres peuvent paraître modestes au regard des besoins structurels du pays, ils marqueraient une volonté de stabiliser les effectifs pédagogiques et de réduire l’écart, souvent abyssal, entre l’affectation sur le terrain et la perception du premier salaire. En validant parallèlement 609 dossiers pour « assainir les fichiers », l’État tenterait de purger un système hérité de décennies d’approximations budgétaires.Cependant, l’annonce la plus scrutée concerne sans doute le sort des 250 agents en situation de « présalaire ».
Pour ces derniers, la reconnaissance de leur statut ne serait plus une promesse lointaine, mais une échéance à court terme. Mais au-delà de l’effet d’annonce, le succès de ce dispositif reposerait sur une exécution sans faille. Dans les couloirs des ministères, on murmure que la crédibilité de l’ensemble de l’appareil étatique se joue sur cette capacité à garantir la transparence des paiements. Reste à savoir si cette méthode axée sur l’affectivité et le résultat suffira à apaiser durablement un front social toujours prompt à s’enflammer.


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