Le transfert étincelant de Yan Diomandé au RB Leipzig pour près de 20 millions d’euros n’a pas seulement affolé les compteurs de la Bundesliga ; il a ouvert une boîte de Pandore dans les milieux feutrés du management sportif en Côte d’Ivoire. L’Académie Inter Foot Sud Comoé, berceau formateur du jeune ailier de 18 ans, vient de rompre le silence pour revendiquer la paternité exclusive de son ascension. Dans un communiqué aux accents de mise en garde, la structure dénonce les velléités de récupération de Maxidel Management — entité liée à l’international Max-Alain Gradel — accusée de vouloir s’attribuer les lauriers d’un travail de longue haleine débuté bien avant l’exil espagnol du joueur au CD Leganés.
Le cœur du litige réside dans la chronologie de l’accompagnement. Pour les dirigeants du Sud Comoé, il est « inconcevable » qu’une structure ayant rencontré le joueur à peine deux mois avant sa signature en Allemagne puisse prétendre avoir façonné sa trajectoire. Cette bataille pour le contrôle de l’image et des intérêts de la pépite ivoirienne souligne la fragilité des liens contractuels dans un écosystème où les « nouveaux parrains » surgissent souvent à la veille des gros contrats. En martelant que le développement initial de Diomandé a été « entièrement documenté » sous leurs couleurs, l’académie tente de protéger non seulement ses droits de formation, mais aussi l’intégrité morale de son ancien protégé.Cette polémique éclate alors que Yan Diomandé, désormais international, explose les statistiques en Allemagne et attire déjà l’œil de cadors européens comme Liverpool. Le conflit entre l’académie formatrice et la structure de management de Gradel s’est cristallisé autour d’un renouvellement de contrat contesté, sur fond de commissions présumées et de promesses de visibilité publicitaire.
En invitant les parties au respect de la « vérité historique », le Sud Comoé pose un acte de résistance face à ce qu’il perçoit comme une tentative de prédation sur un talent brut. Pour l’opinion, c’est le miroir d’un football ivoirien où la réussite d’un joueur devient trop souvent le terrain d’affrontement de réseaux d’influence concurrents.Au-delà de la joute verbale, l’enjeu est celui de la transparence dans le football africain. L’Académie Inter Foot Sud Comoé, en appelant à un « football digne », rappelle que le succès d’un jeune talent ne doit pas servir de trophée à ceux qui n’ont pas connu les années de labeur et d’incertitude. Alors que le joueur semble déterminé à se concentrer sur ses performances sur le terrain, cette affaire pourrait bien forcer la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) à clarifier les règles du jeu entre centres de formation et agents. Car si la rivière du succès coule aujourd’hui vers les sommets de l’Europe, elle ne doit pas oublier la source qui l’a patiemment alimentée.


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