C’est un serpent de mer du développement urbain que le gouvernement gabonais a décidé de prendre à bras-le-corps. Dans le sillage des directives du ministre du Logement et de l’Habitat, le Directeur Général de la Société Nationale Immobilière (SNI), Jean-Pierre Ondounda, s’est rendu au cœur du quartier Essassa pour une rencontre de proximité inédite. L’objectif est clair : transformer des années d’occupation informelle en titres de propriété légaux, offrant ainsi une sécurité juridique tant attendue à des centaines de familles installées sur le domaine foncier de l’État.
Pour la SNI, cette opération de régularisation n’est pas qu’une simple formalité administrative ; c’est une mission de salubrité publique et de paix sociale. En expliquant pédagogiquement les étapes du processus, les conditions d’éligibilité et le rôle des différentes administrations, l’aménageur public cherche à dissiper les craintes d’expropriation qui hantent souvent les quartiers périphériques. Cette démarche vise à réintégrer Essassa dans le circuit formel, permettant aux résidents d’accéder enfin à la pleine jouissance de leur patrimoine et, par extension, aux services bancaires via l’hypothèque.Le déploiement de Jean-Pierre Ondounda souligne un changement de doctrine : le passage d’une administration de guichet à une administration de terrain. En misant sur la transparence et le dialogue direct, la SNI tente de restaurer la confiance entre les populations et les institutions.
Pour le pouvoir de Libreville, réussir le pari de la régularisation foncière à Essassa, mais aussi à Bikélé ou Akanda, est un impératif stratégique. Il s’agit de stabiliser le tissu urbain avant d’engager les grands travaux de modernisation des infrastructures de base dans ces zones en forte croissance.Cette accélération du cadastre témoigne de la volonté des autorités de faire du logement un levier de dignité citoyenne. En sécurisant le foncier, la SNI ne se contente pas de régulariser des dossiers ; elle pose les fondations d’une urbanisation maîtrisée et inclusive. La réussite de ce chantier à fort impact social sera le baromètre de la capacité de l’État à transformer les « quartiers spontanés » en véritables pôles de vie intégrés à l’économie nationale. À Essassa, la promesse de l’État se mesure désormais à la délivrance du titre foncier.


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