Le ton a fini par monter jusqu’au sommet de l’État à Pretoria. Les autorités sud-africaines ont officiellement déclaré le chargé d’affaires d’Israël, Ariel Seidman, persona non grata, assortissant cette décision d’un ultimatum de 72 heures pour quitter le pays. Cette mesure radicale, annoncée par le ministère des Relations internationales et de la Coopération, marque l’aboutissement de mois de frictions croissantes entre les deux nations, Pretoria dénonçant une dérive comportementale jugée incompatible avec les usages diplomatiques.
Au cœur du grief sud-africain se trouve une série de « violations répétées » des normes internationales, perçues comme une atteinte frontale à la souveraineté nationale. Le gouvernement reproche notamment à la représentation israélienne d’avoir utilisé ses canaux de communication officiels et les réseaux sociaux pour lancer des attaques directes contre le président Cyril Ramaphosa. À cela s’ajoute l’organisation de visites de hauts responsables israéliens sur le sol sud-africain sans aucune notification préalable, une pratique qui a fini par exaspérer l’administration Ramaphosa.Pour Pretoria, ces agissements constituent une violation manifeste de la Convention de Vienne et un « abus des privilèges diplomatiques ». En expulsant Ariel Seidman, l’Afrique du Sud envoie un signal fort : sa souveraineté ne saurait être sacrifiée sur l’autel de la liberté d’expression diplomatique.
Le gouvernement a d’ailleurs exhorté Tel-Aviv à réviser sa conduite et à aligner ses futures pratiques sur les principes fondamentaux du respect mutuel entre États souverains.Cette rupture intervient dans un contexte de tensions globales où l’Afrique du Sud s’affirme de plus en plus comme un leader moral du Sud global, n’hésitant plus à braver les puissances traditionnelles pour défendre ses positions. Alors que le diplomate israélien boucle ses valises, les relations entre les deux pays s’enfoncent dans une incertitude profonde. Reste à savoir si cette expulsion provoquera une réaction de réciprocité de la part d’Israël, ce qui isolerait davantage les deux partenaires sur la scène internationale.


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