La modernisation de l’école gabonaise se heurte à des pratiques d’un autre âge. Ce 25 mars 2026, le Ministère de l’Éducation nationale a dû sortir de sa réserve pour siffler la fin de la récréation autour de Xgest, l’outil centralisé de gestion de la vie scolaire. Dans une note officielle au caractère exécutoire immédiat, le secrétaire général Christian Louembet-Onguele a formellement interdit toute perception de frais pour l’accès à cette plateforme.
Cette décision fait suite à une dérive inquiétante : des élèves et leurs parents se voyaient contraints de débourser jusqu’à 2 000 FCFA pour consulter notes et bulletins, une pratique qualifiée à demi-mot de « racket » par les usagers et de « violation flagrante » de la gratuité scolaire par l’administration.Lancé pour informatiser les établissements et connecter en temps réel parents, enseignants et ministère, Xgest devait être la vitrine du Gabon digital. Pourtant, depuis décembre 2025, le système est devenu le centre d’un imbroglio financier. L’apparition de « plans tarifaires » trimestriels et annuels, imposés de manière occulte dans certains établissements publics, a fini par gripper la machine. Pour Libreville, l’enjeu dépasse le simple fait divers : il en va de la crédibilité du service public numérique. En rappelant que l’accès aux outils pédagogiques ne doit faire l’objet d’aucune facturation illégale, le ministère tente de sanctuariser le principe constitutionnel de gratuité de l’enseignement face à des velléités de mercantilisme localisé.La riposte ne se veut pas uniquement administrative, elle est aussi disciplinaire.
Des enquêtes ont été diligentées pour identifier les auteurs de ces perceptions indues, avec la promesse de sanctions sévères pour les agents indélicats. Cette fermeté témoigne de la volonté des autorités de reprendre la main sur un écosystème éducatif en pleine mutation, où la technologie ne doit pas devenir une barrière à l’inclusion. Alors que le Gabon cherche à moderniser ses structures, l’affaire Xgest agit comme un avertissement : sans une surveillance stricte de la chaîne de commandement, les plus belles innovations numériques peuvent rapidement se transformer en nouveaux terrains d’extorsion, au détriment des familles les plus vulnérables.
Moore, Journaliste stagiaire


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