Dans une annonce fracassante sur son réseau Truth Social, le président américain a affirmé ce samedi avoir mené une « attaque de grande envergure » ayant conduit à l’arrestation du dirigeant vénézuélien. Une opération militaire qui plonge la région, et le monde, dans l’incertitude.Le scénario que redoutaient de nombreux diplomates depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche semble s’être concrétisé dans la nuit de vendredi à samedi. Dans un message laconique mais explosif publié sur Truth Social, le 47e président des États-Unis a revendiqué une intervention militaire directe sur le sol vénézuélien.​
« Les États-Unis d’Amérique ont mené avec succès une attaque de grande envergure contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolás Maduro, qui, avec son épouse, a été capturé et exfiltré du pays », a déclaré le locataire de la Maison-Blanche.​Une opération « chirurgicale » ou une invasion ?​Si Washington présente cette intervention comme une mission de « libération » ciblée, les échos provenant de Caracas peignent un tableau bien plus sombre. Samedi à l’aube, le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino López, est apparu dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le visage marqué.​Dénonçant une violation flagrante de la souveraineté nationale, le haut gradé a accusé les forces américaines d’avoir « frappé des zones résidentielles », causant des dommages civils encore difficiles à évaluer. En réponse, l’état-major vénézuélien a ordonné un « déploiement massif » de ses forces et a appelé à la résistance populaire.
Pourquoi maintenant ?​
Cette escalade intervient dans un contexte de tensions extrêmes entre Washington et Caracas. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette accélération brutale :​La pression migratoire : Trump a fait de la déstabilisation du régime de Maduro une condition sine qua non pour freiner l’exode des Vénézuéliens vers le Nord.​Le bras de fer énergétique : Dans un marché pétrolier mondial instable, le contrôle des réserves vénézuéliennes — les plus importantes au monde — reste un enjeu stratégique majeur.​Le signal envoyé aux alliés : Par cette action, Washington envoie un message clair à Moscou, Pékin et Téhéran, soutiens historiques du régime chaviste.Quelles conséquences pour l’Afrique ?​Pour les capitales africaines, cette intervention crée un précédent inquiétant. Plusieurs chefs d’État, traditionnellement attachés au principe de non-ingérence, observent avec nervosité ce retour à une diplomatie américaine musclée.
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« Si la force prime le droit de façon aussi unilatérale en Amérique latine, qu’est-ce qui empêchera demain une intervention similaire sur le continent africain sous couvert de lutte contre le terrorisme ou pour la démocratie ? », s’interroge un diplomate de l’Union africaine sous couvert d’anonymat.​Alors que les Nations Unies s’apprêtent à convoquer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, la question du sort de Nicolás Maduro reste entière : où est-il détenu ? Sera-t-il présenté devant une juridiction américaine ou internationale ? À Caracas, le vide laissé par sa capture laisse craindre une guerre civile sanglante.


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