C’était autrefois la vitrine de l’engagement communautaire dans la commune nord de Libreville. Aujourd’hui, le constat est amer pour les résidents d’Akanda : les « Journées Citoyennes », ces rendez-vous mensuels dédiés au nettoyage collectif et à l’embellissement des quartiers, semblent être tombées en désuétude. Ce relâchement de l’effort civique et institutionnel transforme progressivement cette zone résidentielle prisée en un théâtre d’abandon, où l’esthétique urbaine cède du terrain face à une dégradation visible de l’environnement immédiat.Le long des axes principaux comme dans les ruelles secondaires, le paysage est désormais marqué par l’omniprésence des herbes folles.
Ces broussailles, qui grignotent les trottoirs et envahissent les accotements, ne nuisent pas seulement à la visibilité des automobilistes ; elles symbolisent surtout un déficit d’entretien criant. En l’absence de curage régulier et de fauchage systématique, les infrastructures routières, pourtant récentes pour certaines, subissent une usure prématurée sous l’assaut d’une végétation tropicale que rien ne semble plus freiner.À cette prolifération végétale s’ajoute le fléau des ordures ménagères. Dans plusieurs carrefours stratégiques de la commune, les bacs à ordures débordent, créant des décharges sauvages à ciel ouvert qui empestent le voisinage. Ce dysfonctionnement de la chaîne de collecte, couplé à l’incivisme de certains riverains, fait peser de graves menaces sur la santé publique. Les populations assistent, impuissantes, à l’accumulation de déchets plastiques et organiques qui obstruent les caniveaux, augmentant ainsi les risques d’inondations lors des prochaines pluies diluviennes.
Face à ce tableau sombre, l’urgence d’un sursaut municipal se fait sentir. Le retour à une gestion rigoureuse de la salubrité publique ne peut plus attendre, tant le décalage est grand entre le standing affiché d’Akanda et la réalité de ses rues. Pour les observateurs, la relance des Journées Citoyennes, accompagnée d’une logistique de ramassage performante, est impérative pour restaurer l’image de la cité. La commune se trouve à la croisée des chemins : retrouver son lustre d’antan ou s’enfoncer durablement dans une précarité urbaine indigne de ses ambitions.


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