Confort des cabines, vétusté des appareils et tarifs jugés prohibitifs : le ministre d’État Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a sommé la compagnie tricolore de revoir sa copie. Résultat, le pavillon français déploiera ses « Dreamliners » sur l’axe Paris-Libreville dès mars prochain.Dans le secteur aérien africain, la ligne Paris-Libreville est ce que l’on appelle une « vache à lait » : un axe historique, à forte rentabilité, mais où le mécontentement des usagers atteint souvent des sommets.
Ce dossier, devenu presque diplomatique, a conduit le ministre d’État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, à convoquer la direction régionale d’Air France, emmenée par Alexia Oyima Ayenengoye.Cette audience, qui fait suite à un échange tendu avec le Haut Représentant de la France au Gabon le 13 janvier dernier, marque une volonté de Libreville de ne plus transiger sur la qualité de service.
Le « Dreamliner » pour calmer la grogne:
Le diagnostic du ministre gabonais est sans appel : les appareils affectés à la desserte du Gabon sont jugés vieillissants et les prestations à bord ne seraient plus à la hauteur des tarifs pratiqués. Face à cette offensive, la compagnie dirigée par Anne Rigail a dû lâcher du lest.Air France a officiellement annoncé qu’à compter du mois de mars 2026, la liaison sera opérée par des appareils de nouvelle génération. Le Boeing 787-8 (Dreamliner), fleuron de la flotte, ainsi que des Boeing 777 réaménagés, remplaceront les avions contestés. Un déploiement qui promet une meilleure efficacité énergétique pour la compagnie, mais surtout un confort accru (hygrométrie, silence, connectivité) pour une clientèle gabonaise de plus en plus exigeante.
Tarifs : l’imbroglio des taxes:
Si la question du confort semble en voie de résolution, le dossier des prix reste le principal point d’achoppement. Le ministre d’État a exprimé sa « vive préoccupation » face à la cherté des billets, un frein réel à la mobilité et aux échanges.Toutefois, le problème est complexe. Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a pointé du doigt l’accumulation des taxes et redevances aéroportuaires qui gonflent la facture finale. En appelant à des « efforts concertés », Libreville suggère que la solution ne repose pas uniquement sur les épaules d’Air France, mais aussi sur une révision de la fiscalité aéroportuaire nationale.
Cette rencontre ne marque pas une rupture, mais plutôt un recadrage. En s’engageant dans un processus de concertation approfondi, le Ministère des Transports et Air France tentent de pérenniser un partenariat vieux de plusieurs décennies, alors que la concurrence régionale s’intensifie.Pour Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, l’enjeu est double : restaurer la dignité des passagers gabonais et faire de Libreville un hub compétitif. La « nouvelle génération » d’avions attendue pour mars sera le premier test de ce renouveau promis.


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